Giebel Karine

Rencontre avec Karine Giebel
2 février 2015

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Bio
Entretien
Photo
Vidéo
Audio

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Biographie

Karine Giébel est née en 1971 à La Seyne-sur-mer dans le Var, où elle vit toujours.

Après une scolarité sans histoire, Karine Giébel poursuit des études de droit tout en s’essayant à divers métiers (surveillante, pigiste, photographe..). Elle a longtemps été juriste dans la fonction publique territoriale et se consacre désormais entièrement à l’écriture.

Ses premiers romans sont parus aux éditions La Vie du Rail. Elle obtient le Prix marseillais du Polar en 2005 pour Terminus Elicius, son premier livre paru en 2004. Les morsures de l’ombre est son troisième roman pour lequel, elle a reçu le Prix SNCF Polar 2009, le prix Derrière les Murs au Festival International du Roman Noir et le Prix Intramuros au Festival polar de Cognac. Elle a reçu le Prix des Lecteurs à ce même festival pour Jusqu’à ce que la mort nous unisseJuste une ombre est paru au Fleuve Noir en mars 2012, il a reçu le Prix marseillais du Polar et le Prix Polar francophone à Cognac.

Ses livres ont beaucoup de succès et pourtant, tout n’a pas été facile, au début. Fait singulier, Karine Giébel est venue au polar sans avoir lu de bouquins policiers… elle n’a donc subi aucune influence et a développé un univers à nul autre pareil. Elle écrit des romans policiers, bien sûr, mais ils sont aussi noirs et psychologiques. Elle entraine les lecteurs sur des terrains inconnus et pourtant… si proches, parfois ! Ses personnages sont écorchés vifs, torturés, mais bien que criminels, ils sont attachants… En eux, chacun trouve, aussi, un peu de lui, car ce sont des femmes et des hommes avec des faiblesses, des sentiments, des incertitudes…

Satan était un ange est son dernier roman paru chez Fleuve éditions en novembre 2014.

Ses romans sont traduits dans plusieurs langues. Certains sont en cours d’adaptation audiovisuelle. Karine Giébel est également l’auteur de nouvelles dont Post-mortem et J’aime votre peur,  réunies dans un recueil intitulé Maîtres du jeu.

Le site de l’auteure : http://www.karinegiebel.fr/

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Entretien

 

Je suis persuadé qu’au terme de cette rencontre, si vous ne l’êtes pas encore, vous serez un giébelmanique pur et dur.

En plus ou moins 10 ans d’écriture, vous avez reçu beaucoup de prix et êtes devenue un auteur incontournable du polar francophone, comment en êtes-vous arrivé là ?

J’ai toujours écrit par passion et c’est ce que je continue à faire. J’essaie de changer d’ambiance, d’atmosphère et de rythme à chaque roman et c’est peut-être ce qui a séduit mes lecteurs. Peut-être aussi mes fins sans concession…

Ce qui me passionne notamment dans l’écriture, c’est vivre des émotions fortes au travers de mes histoires et de mes personnages et sans doute que les lecteurs les partagent et les ressentent (c’est en tout cas ce qu’ils me disent souvent !). Car dans la lecture, comme dans d’autres formes d’expression artistique, je crois que vivre et procurer des émotions est essentiel.

Je ne m’explique pas vraiment mon succès ! J’en suis évidemment très heureuse et je crois qu’il faut rester humble et sincère dans ce que l’on fait, ne pas penser de façon « commerciale », autrement dit ne pas se plier à certaines modes pour ressembler à un tel ou un tel ou écrire dans la veine de ce qui fonctionne sur le marché du livre. Écrire ce que l’on a envie d’écrire, quand on a envie de l’écrire… Bref, être soi-même.

Vous publiez votre premier livre Terminus Elicius en 2004, vous avez alors 33 ans. Pourquoi cette envie d’écrire à ce moment-là ? Comment est venue l’idée d’écrire un livre, ce livre ?

Lorsque j’ai publié Terminus Elicius, j’avais déjà écrit plusieurs romans (dont certains n’ont toujours pas été publiés à ce jour et ne le seront peut-être jamais). Cela faisait donc déjà deux ou trois ans que je m’étais lancée dans l’écriture de romans noirs et que je parvenais à y mettre un point final.

J’ai envoyé mon deuxième manuscrit aux directeurs de collection Rail Noir et ils ont aimé mon écriture. Mais le roman qu’ils venaient de lire ne pouvait correspondre à leur collection et ils m’ont donc proposé d’en écrire un ayant pour toile de fond l’univers ferroviaire, ce que j’ai fait avec Terminus Elicius.

Comment le percevez-vous maintenant avec le recul ?

Bien sûr, je suis critique envers ce que je fais ! Et je me dis que ce roman aurait sans doute pu être plus abouti. Mais je n’ai pas de regrets, je me dis que chaque livre a son histoire, sa personnalité, son ambiance. Je crois que le personnage principal de ce livre, Jeanne, est un personnage intéressant. En tout cas, moi j’ai pris plaisir à la créer et la faire vivre.

Et puis, j’espère avoir évolué au fil de mes romans (évolué dans le bon sens, je veux dire !) et j’espère que mon style ou ma maîtrise des intrigues se sont améliorés.

Comment est-on publié pour la première fois ?

Il n’y a pas vraiment de règle, mais c’est en général assez difficile de faire publier son premier roman. Moi, j’ai eu la chance d’y parvenir relativement vite et j’ai surtout eu la chance de travailler avec des gens sérieux, généreux et passionnés et qui m’ont fait évoluer dans mon écriture (WoôManh et Jacky Paupe, les directeurs de la collection Rail Noir à l’époque et ensuite Céline Thoulouze, éditrice chez Fleuve et désormais directrice éditoriale des Éditions Belfond).

Quand un futur auteur me demande conseil à ce sujet, je lui dis toujours de démarcher en premier lieu les petites et moyennes maisons d’édition, plus enclines à éditer de nouveaux auteurs. Et surtout, surtout, d’écrire par plaisir et non avec l’obsession d’être publié.

Ce qu’il faut également savoir, c’est qu’être publié une fois ne garantit rien pour l’avenir, même si c’est une grande joie lorsque cela arrive ! Et, même si on est publié de façon régulière, vivre de ses droits d’auteur n’est pas chose facile et nombre d’auteurs sont obligés de continuer leur métier parallèlement à l’écriture (ce que j’ai fait durant de longues années !).

Question bateau certes, mais comment en êtes-vous venue à l’écriture, et pourquoi écrire ?

L’écriture, ce n’est pas vraiment un choix, c’est plutôt quelque chose que je ne peux pas m’empêcher de faire ! J’ai toujours écrit, depuis mon enfance… Difficile à expliquer ! Chez moi, c’est viscéral et indispensable à mon équilibre.

Comment était la petite Karine, quel livre a-t-elle lu en premier, elle était fan de quoi, à quoi s’intéressait-elle ?

J’avoue ne pas me souvenir de mon tout premier livre, mais ma mère m’a acheté des livres avant même que je sache lire ! Des livres pour enfants, avec de belles illustrations… Ensuite, je suis passée à la fameuse bibliothèque rose puis à la verte. Et puis après, j’ai commencé à lire des romans plus pour adultes. Je devais avoir une dizaine d’années.

Je m’intéressais à plein de choses, évidemment. Je faisais beaucoup de sport, aussi ! Et j’étais une enfant capable de s’occuper seule, assez solitaire et plutôt rêveuse.

À quel âge avez-vous réellement commencé à écrire ?

À partir du moment où j’ai su tenir un stylo !

Par quoi êtes-vous inspirée ?

Ma principale source d’inspiration, c’est l’être humain, dans ce qu’il a de plus beau comme de plus terrifiant. Tout ce qu’il est capable de faire, en bien ou en mal, pour assouvir ses pulsions, obtenir ou garder une parcelle de pouvoir, par amour, par haine, par vengeance, etc. Le courage extraordinaire dont il peut faire preuve, parfois, mais aussi la lâcheté, la fourberie… L’être humain, donc, mais aussi la société qui est la nôtre et qui régit bien souvent notre comportement.

Êtes-vous quelqu’un qui travaille beaucoup ses livres, qui y pense longtemps à l’avance ?

Souvent, il faut de longs mois avant qu’une idée prenne forme dans mon esprit, mais ensuite, je me lance dans l’écriture sans faire de plan préalable. Et c’est au fur et à mesure des chapitres que l’histoire se construit réellement et que les personnages, toujours très flous au début, prennent vie sous ma plume.

Une fois le premier jet terminé, je relis de très nombreuses fois pour retravailler l’histoire mais surtout le style.

Une anecdote à nous raconter concernant vos livres, vos personnages ?

Les lecteurs me parlent très souvent de Marianne, l’héroïne de Meurtres pour rédemption. Ce roman, qui se situe dans l’univers carcéral, est, paraît-il, très souvent dérobé dans les bibliothèques des prisons françaises qui sont obligées de le recommander fréquemment… C’est un responsable de bibliothèque pénitentiaire qui me l’a révélé lors de l’une de mes visites en prison. Les détenus l’empruntent, le lisent et, ensuite, le gardent dans leur cellule.

Parfois, ils en recopient des passages à la main et les collent sur les murs de leur cellule… ça, ce sont les détenus eux-mêmes qui me l’ont dit.


 

Interview du compagnon

Comment est Karine Giebel dans la vraie vie ? Sa plus grande qualité, son pire défaut ?

C’est une question que beaucoup de gens se posent car, à travers les histoires de ses romans, Karine pourrait être à la fois dure, sévère et particulièrement préoccupée par toute la violence des univers qu’elle décrit. Elle s’intéresse au monde qui l’entoure, elle est très sensibilisée aux problèmes de société qui touchent les personnes en situation de fragilité et à l’injustice.

Ses qualités sont nombreuses, son intégrité et ses engagements à travers son écriture parlent d’eux-mêmes et même si la perfection n’est pas terrestre, je m’interdis de parler de ses défauts…

Lisez-vous ses livres, demande-t-elle votre avis ?

Phénomène récent, j’ai découvert Les morsures de l’ombre, il y a quelques mois, plusieurs années après sa publication, j’ai été scotché et au fil des pages. J’avais l’impression d’être à coté des personnages du roman, des scènes très réalistes et une intrigue à couper le souffle ; j’ai également lu d’autres opus qui sont encore dans les tiroirs.

Je n’interviens pas dans l’écriture, je peux donner quelques conseils sur des aspects techniques ou de procédure mais la création reste bien le domaine réservé de Karine.

N’avez-vous pas peur d’elle quand vous lisez ce qu’elle écrit ?

On rentre rapidement dans l’histoire car ses romans sont écrits comme des scénarios, les descriptions sont précises, les personnages réalistes et attachants.

C’est certain, il ne s’agit pas de « romans à l’eau de rose », les scènes d’action, de suspense sont autant de raisons pour nous faire sursauter, mais c’est aussi ce que le lecteur recherche dans la lecture des romans noirs. Non, j’ai même pas peur !


Quelques citations

« Ce qui m’intéresse dans l’écriture, construire la psychologie des personnages ».

« Ma principale source d’inspiration, ça a toujours été et ça demeure l’humain. Voilà la matière essentielle que je travaille. L’humain et la société dans laquelle nous vivons ».

À propos de la psychologie de ses personnages : « À mon sens, c’est l’essence même d’un roman. Raconter une histoire, certes, captivante si possible, mais ce qui compte réellement, c’est créer des personnages, les faire vivre et les “fouiller” au maximum. C’est ça qui est vraiment passionnant dans l’écriture… ».

« Je me mets aussi dans la peau de la victime. Je ne fais pas juste présenter un tueur. Je vais de l’un à l’autre ».

« Je ne suis ni psychiatre ni psychologue, mais j’ai cette facilité à me glisser dans la peau d’un personnage, un peu comme le ferait une actrice de cinéma ».

« Moi, j’aime bien les personnages forts qui ont du caractère ».

« Je n’aime pas les personnages manichéens ».

« Je suis attachée aux personnages, car je me glisse dans leur peau. Ce qui fait que le lecteur est bousculé, c’est que je me mets invariablement du côté des victimes quand je décris la violence. Souvent dans les polars, on est plutôt du côté de l’enquêteur, par exemple, ce qui permet un certain recul. Tandis que dans mes livres, on s’identifie à la personne qui souffre. Alors quand j’écris, forcément, je souffre et je ressens les émotions que les lecteurs vont éprouver plus tard ».

« Pas de violence gratuite, injustifiée. Pas de déballage sanguinolent ou de “boucherie” ! Pas d’éviscération, d’autopsie, etc. Plutôt une violence larvée, suggérée. Ce qui est bien plus délicat à écrire d’ailleurs. Quand je raconte une histoire violente, je marche sur un fil, ténu. Je me transforme en funambule. La violence doit avoir son utilité dans l’histoire que je raconte. Sinon, elle n’a pas sa place […] Je crois que c’est plutôt la noirceur de ce que j’écris qui donne cette impression de violence ».

« J’aime beaucoup changer d’un roman à l’autre. J’aime changer d’univers, de thèmes. C’est ce qui nourrit mon envie d’écrire ».


 

cvt_Terminus-Elicius_8135TERMINUS ELICTUS (2004)
Lien externe du livre

Jeanne mène une vie monotone, sans imprévu ni surprise. Son trajet ferroviaire quotidien Marseille-Istre berce sa souffrance dans une routine chronométrée. Jusqu’au jour où un mystérieux inconnu lui fait part de son amour pour elle. Il glisse une lettre, entre deux banquettes. « Vous êtes si belle, Jeanne Si touchante et si belle ». Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…

Ma vision des trains se résumait à deux choses : les nombreux retards et … les nombreux retards…
Maintenant, je pourrai frissonner en repensant aux petits mots glissés à côté du siège de Jeanne, personnage central de votre roman.

Première question à propos de ce roman, l’aviez-vous déjà en vous ou l’avez-vous écrit pour ce concours ?

J’ai envoyé un manuscrit (jamais publié à ce jour) aux directeurs de la collection Rail Noir et ils ont beaucoup aimé mon écriture. Ils m’ont alors proposé de leur écrire un roman qui puisse entrer dans le cadre de leur collection (c’est-à-dire un roman noir, un polar ou un thriller ayant un rapport plus ou moins important avec l’univers ferroviaire). J’ai donc relevé le défi et commencé à réfléchir à une histoire, une situation, des personnages…

Est-ce réellement votre premier livre, car on peut dire que vous maitrisez parfaitement votre sujet ?

Terminus Elicius est mon premier roman publié, mais ce n’est pas le premier que j’ai écrit en réalité.

Ce qui m’a saisi lors de ma lecture, c’est que le personnage principal, Jeanne, n’est pas vraiment le genre de personnage que je m’attendais à trouver. On est loin d’un personnage fort habituel.
Voyez par vous-même : elle vit encore chez sa mère qui est limite castratrice, bien qu’elle travaille au commissariat de Marseille, elle n’a pas de vie sociale car pas de relations amicales avec ses collègues, dans le train, elle s’assied sur un siège solitaire.
En plus, elle a des tocs, parle toute seule ou plutôt à son autre moi et rase presque les murs.

Comment vous est venue l’idée de créer un tel personnage ?

Comme je l’ai déjà dit précédemment, j’aime créer des personnages complexes. Je crois que les personnages sont les piliers d’un bon roman et pour cela, il faut qu’ils soient originaux, attachants et surtout pas manichéens.

Lorsque j’ai créé Jeanne, j’ai voulu un personnage à la fois hors norme, une femme blessée, traumatisée, perdue dans sa folie et pourtant luttant pour vivre en société. J’ai voulu montrer à travers elle ce qu’un traumatisme vécu pendant l’enfance peut générer à l’âge adulte. Jeanne est à la fois un condensé de violence intériorisée, de force et de faiblesse. C’est une femme fragile, mais capable de choses incroyables… Déstabilisée et déstabilisante.

Ce sont toutes ces contractions, je crois, qui la rendent touchante et intéressante.

Comment faites-vous pour maintenir le suspense alors que le personnage mystérieux qui écrit les lettres se révèle très rapidement ?

Le suspense, ce n’est pas seulement une intrigue dont on veut connaître l’issue. Ce n’est pas seulement savoir qui a tué qui et comment !

Il y a mille façons de créer un suspense…

Je crois que le suspense vient du fait que le lecteur veut savoir ce qui va arriver aux héros du livre. Comment ils vont réagir face aux événements. Dans le cas de Terminus Elicius, en effet, on sait rapidement qui écrit ces lettres.

On sait, un peu plus tard, à peu près pourquoi il les écrit.

Mais on ne sait toujours pas dans le détail ce qui le pousse à agir de la sorte. Ça, on ne le saura qu’à la fin. Et ce qu’on ne sait pas non plus, c’est quel comportement Jeanne va adopter lorsqu’elle va s’apercevoir qu’un tueur l’a choisie comme confidente. Le suspense est dans les réactions de Jeanne et dans celles d’Elicius. Le suspense est dans la résolution du dilemme qui hante Jeanne au fil des pages.

Le suspense est aussi dans les relations qu’elle va nouer avec l’enquêteur…

Et puis il y a l’inspecteur Esposito, flic passionné sacrifiant tout à son métier, divorcé et père absent, qui ne sait plus où donner de la tête avec les meurtres qui se succèdent sans qu’il semble y avoir un mobile apparent ou des points communs entre les victimes.

C’est justement de cet enquêteur que je viens de parler, le capitaine Esposito dont Jeanne est secrètement amoureuse.

Et lui ? Finira-t-il par la remarquer, par la regarder ? Par l’aimer pour ce qu’elle est ? Comment se sortira-t-il de cette difficile enquête qui piétine et met toutes les équipes sur les nerfs ?

Esposito, c’est un personnage très différent de Jeanne et c’est ce qui va rendre leur confrontation très intéressante.

Comment créer cette véritable dépendance affective qui lie le tueur à la jeune femme ?

Tout est dans l’histoire, dans le passé, mais je ne peux pas trop en dire pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu !

Disons que les lettres qu’il écrit à Jeanne sont très importantes et comportent plein de choses, plein de messages cachés.

Et oui, Elicius et Jeanne seront désormais liés à la vie à la mort, qu’elle le veuille ou non…

Justement parlons de ce tueur en série qui sévit à Marseille. Quelle est la particularité de votre serial killer qui ne laisse pas les lecteurs indifférents?

Sa particularité, c’est que ce n’est pas vraiment un serial killer, justement ! Mais là encore, comment en parler sans dévoiler l’intrigue ?!

Disons qu’il n’est pas ce qu’on imagine au départ et que le lecteur va progressivement apprendre à le connaître et à le comprendre, à comprendre ses actes, même s’ils sont impardonnables.


 

cvt_Meurtres-pour-redemption_2706MEURTRES POUR REDEMPTION (2006)
Lien externe du livre

Marianne a vingt ans. Voilà 4 ans qu’elle est déjà en prison. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s’ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s’évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l’amitié et à la passion qui l’atteignent en plein cœur de l’enfermement. Pourtant, un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre. On lui propose une libération… conditionnelle. « La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? ». Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n’aspire qu’à la rédemption…

Bienvenue à Carcéral Land, le pays d’où on ne s’évade qu’avec des rails de coke… Le pays de la violence gratuite, l’univers impitoyable des matonnes et des prisonnières, une jungle où il faut écraser les autres pour ne pas se faire écraser soi-même.

Ici, une seule loi, celle de la plus forte. Ici, l’omerta règne en maître. Ici les coups pleuvent, la brutalité se promène dans les couloirs et peut vous tomber à tout moment, de manière arbitraire ou pour délit de « Ta tête qui ne me revient pas ».

Vous qui entrez dans ce roman noir, attendez-vous à prendre des coups sans possibilité de les rendre, attendez-vous à vous faire remuer les tripes, à les sentir se nouer, à avoir envie de hurler, à avoir vos yeux qui picotent plusieurs fois, à avoir envie de flinguer un tas de gens et à penser jouer le remake de La grande évasion pour Marianne.

Je vous conseille de respirer un grand coup avant d’entamer votre lecture parce que la plongée sera rude et la remontée laissera des séquelles.
Ici, c’est du noir de chez noir ! Du chocolat à teneur cacao de 90%. Noirceur, ténèbres, mais de temps en temps, un rayon de soleil viendra vous éclairer… et vos yeux en pleureront. De joie ou de douleur.

Attendez-vous aussi à avoir, durant votre lecture, un autre avis sur les maisons d’arrêt !

Parlons-en déjà des maisons d’arrêts, des prisons… Vous décrivez ici un univers carcéral plus que dur, plus que noir, plus que violent, où tous les coups bas sont permis. Vous avez dû certainement vous renseigner sur les prisons ? En avez-vous visité ? Avez-vous discuté avec des prisonnières, des matonnes ?

J’avais envie d’écrire un roman qui se passerait en prison car c’est un thème auquel je m’intéressais depuis de nombreuses années : les conditions de vie carcérale, notamment en France.

J’ai donc commencé par lire des documents, des essais, des tas de livres et de témoignages sur le sujet. Mais j’ai très vite senti qu’il me manquait beaucoup d’éléments et j’ai donc réussi (grâce à l’intervention d’un ami) à rencontrer deux gardiens de prison (un homme et une femme) qui ont bien voulu répondre à mes questions, qui ont bien voulu faire une entorse à leur obligation de réserve et me raconter ce qui se passait vraiment derrière les murs de nos prisons. Je précise que ces deux personnes ne se connaissaient pas et que je les ai rencontrées chacune à leur tour, de façon à ce que je puisse vérifier la véracité de leurs dires.

Et c’est comme ça, au fil de leurs explications, des anecdotes qu’ils m’ont racontées, que j’ai pu me faire une idée assez précise de ce qui se passait en prison, que ce soit côté détenus ou côté gardiens. Grâce à eux, j’ai pu sentir les choses, les vivre au travers de leur témoignage précieux.

Donc, lorsque j’ai écrit Meurtres pour rédemption, je n’avais jamais mis un pied en prison.

Ensuite, j’ai reçu le Prix Intramuros à Cognac et le Prix derrière les Murs du Festival International du Roman Noir et grâce à ces deux prix (décernés aux Morsures de l’ombre), j’ai commencé à faire des visites en prison.

Désormais, dès que l’on me propose ce genre d’intervention et si je suis disponible, j’accepte d’aller à la rencontre des détenus car ce sont des rencontres très fortes qui apportent beaucoup à l’auteur je trouve.

Le niveau psychologique que vous mettez dans ce roman est tout simplement époustouflant. C’est une descente aux enfers, lente, profonde, sans espoir de retour, et pourtant… de l’espoir… il y en a, par petites touches et on y croit, on aimerait que… Comment, encore une fois, réussir un roman aussi parfait dans la noirceur ?

Je n’ai pas de recette précise à vous indiquer !

Pour ce qui est de la psychologie, je crois qu’il faut simplement se sentir proche, très proche de ses personnages et particulièrement du personnage principal (Marianne en l’occurrence). J’essaie de me glisser dans la peau de mon personnage, comme le ferait une comédienne qui s’apprête à jouer un rôle. J’essaie presque de devenir elle, de devenir Marianne. Et ce n’est pas forcément chose facile !

La noirceur, ce n’est pas vraiment un choix de ma part. Autrement dit, l’encre de ma plume est noire et je n’y peux pas grand-chose… J’ai voulu écrire sur le thème des prisons et ne pas édulcorer la réalité. Écrire sur l’enfermement à perpétuité. Alors, ça ne pouvait pas vraiment donner une comédie, pas avec moi en tout cas !

Oui, c’est très noir. C’est un certain reflet de l’âme humaine et de notre société. Mais comme vous le dites si bien, il y a aussi de l’amour, de l’amitié, très forte, de l’espoir et une certaine rédemption.

Parlons de votre héroïne, Marianne de Gréville. Elle a 20 ans, et elle est emprisonnée à perpétuité. C’est une meurtrière, elle est indomptable, incontrôlable, violente… Et pourtant au fond d’elle, il y a de la tendresse, de l’amour. Un personnage aussi grand que l’histoire dans laquelle elle évolue. Un personnage qui se situe entre Nikita de Luc Besson et Lisbeth Salander, l’héroïne de Stieg Larsonn dans Millénium, la trilogie suédoise. Comment vous est venue l’idée de Marianne ?

Lorsque j’ai eu les éléments nécessaires sur la prison, au terme de mon enquête, j’ai dû choisir un personnage central. J’ai longuement hésité entre une ou un détenu, un coupable ou un innocent.

En choisissant une femme, coupable de crimes odieux, je n’ai pas choisi la facilité, mais ça me semblait indispensable à mon propos. Je trouvais trop facile de raconter l’histoire d’un ou d’une innocente enfermé(e) injustement. Le lecteur s’y serait forcément attaché et se serait forcément révolté de cette situation injuste.

Or, ce que je voulais montrer, c’est que même pour ceux qui ont des choses à se reprocher, on ne peut admettre que de telles choses aient lieu dans notre société dite civilisée.

Oui, Marianne est une criminelle. Oui, elle a commis l’indicible. Pour cela elle a été condamnée à une peine de privation de liberté. Mais selon le code pénal français, elle n’a pas été condamnée à être humiliée, maltraitée ou affamée. Et c’est bien cela que je voulais montrer au travers de ce roman.

D’autre part, je trouvais intéressant de créer un personnage encore une fois très complexe et de tenter de montrer qu’un être humain peut être à la fois monstrueux et touchant. Toutes ces facettes réunies dans la même personne : Marianne.

Montrer également qu’on ne devient pas criminel tout à fait par hasard. Qu’il y a des raisons qu’il faut aller chercher dans l’enfance, dans le passé, mais aussi dans les hasards de la vie, dans les rencontres…

Il y a aussi le gradé, Daniel Bachman, seul homme de cette maison d’arrêt féminine. Une histoire se noue entre eux, qui commence dans la violence, pour se terminer dans la passion. Fallait oser écrire une histoire d’amour dans un tel décor…

Je crois que je n’aurais pas pu concevoir ce roman sans cette histoire d’amour passionnelle. Pour éclairer cet univers si sombre, si dur, j’avais besoin de quelque chose de fort et de beau entre ces deux êtres. Besoin de cette lumière aussi pour rendre Marianne plus humaine. Pour montrer qu’un « monstre » peut aussi aimer. Et être aimé…

Et puis il y a La Marquise, une matonne cruelle, perverse qui va en faire voir de toutes les couleurs à Marianne. Ce qui va nous valoir une des scènes les plus dures que j’ai pu lire dans ma vie… Ce ne doit pas être facile d’écrire ce genre de choses…

Lorsque j’ai créé les personnages des surveillantes et surveillants, j’ai tenté de montrer un peu ce qu’était la dure vie de ces gardiens de prison qui, eux aussi, sont enfermés pendant toute leur carrière.

Ce livre n’est absolument pas un livre anti-gardiens.

D’après ce que m’ont raconté les gens que j’ai rencontrés préalablement à l’écriture de ce livre, j’ai voulu expliquer qu’on devient surveillant pénitentiaire pour différentes raisons. Un peu par hasard, pour trouver du boulot, ou bien, pour certains, par vocation, dans le but d’aider à la réinsertion des détenus. Mais je voulais aussi montrer qu’il existe, comme dans toutes les professions où l’on confère à quelqu’un un pouvoir sur l’autre (ce qui est bien le cas des surveillants de prison), des personnes qui choisissent ce métier pour assouvir leur envie de pouvoir et leur côté sadique. Parfois, c’est fait de manière inconsciente et fort heureusement il s’agit bien entendu d’une minorité. Et la Marquise représente, dans mon livre, cette minorité.

Après, ce que je dis dans le roman, c’est aussi que la prison peut changer les gens qui y travaillent. À force d’être derrière les barreaux, d’affronter toute la difficulté de ce métier et d’affronter la violence quotidienne, certains deviennent brutaux, aigris, agressifs…

Certains passages sont d’une cruauté insoutenable, mais aussi d’une sensibilité profonde. Les dialogues sont directs, parfois crus, les phrases sont percutantes, à l’image du monde carcéral où règnent la violence et le sang. Le rythme est rapide, sans le moindre temps mort. Est-ce que vous étiez consciente en écrivant votre livre de produire un chef-d’œuvre ?

Merci du compliment ! Je n’irais jamais dire que j’ai écrit un chef-d’œuvre, mais si certains le pensent, j’en suis très touchée.

J’ai été emportée par l’écriture de cette histoire et j’ai connu des sensations extrêmes en l’écrivant. Ce furent des moments passionnants, marquants, éreintants… Je n’arrivais plus à me sortir de cette histoire et à quitter Marianne, d’où le nombre de pages de ce roman !

Une expérience inoubliable.

En face d’elle, sur le mur décrépi, une citation taguée. Par un prisonnier, il y a longtemps. Ou par un maton. Une phrase qu’elle n’oubliera jamais : « Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons »

PROLOGUE :

Tous les soirs se ressemblent, les nuits aussi. Et les jours, c’est pareil.

À quoi se raccrocher, alors ?

Aux repères, ceux qui rythment le temps, évitant qu’il ne devienne une hideuse masse informe.

S’y cramponner, comme à des arbres au milieu d’une plaine infinie, à des voix au cœur du silence.

À chaque heure, quelque chose de précis. Gestes, odeurs ou sons.

Et, au-delà des murs, le train.

Décibels de liberté venant briser l’aphasique solitude. Celle-là même qui vous dévore lentement, morceau après morceau. Qui vous aspire sans heurt vers les abîmes du désespoir.


 

cvt_Les-morsures-de-lombre_3467LES MORSURES DE L’OMBRE (2007)
Lien externe du livre

Au commissariat, les hommes de Benoît Lorand se mobilisent pour retrouver leur collègue mystérieusement disparu. Mais après plusieurs jours d’enquête, ils n’ont toujours aucune piste sauf celle de l’épouse trompée qui cherche à punir son mari infidèle.

Le commissaire Benoit Lorand semble aussi épanoui dans son boulot que dans sa vie de famille. Mais après une énième soirée en charmante compagnie, voilà qu’il se réveille au fond d’une cave, dans une cellule.
Que fait-il là et pourquoi y est-il ?

Là encore on ne rigole pas. L’enfermement, la cellule, comme dans votre roman précédent.

Vous êtes la reine pour créer des ambiances bien glauques qui font naître des sentiments de fascination et/ou de répulsion. Comment fait-on pour être aussi noire dans ses écrits ?

Encore une fois, je n’ai pas l’impression qu’il s’agisse d’un vrai choix ou d’une vraie détermination de ma part. Lorsque me vient l’idée d’un roman et que je me lance dans son écriture, je n’ai pas de plan, juste quelques idées de situations et de personnages et l’inspiration vient au fil de l’écriture et des chapitres. Et je me laisse guider par mon inspiration et ma plume qui, sans que je sache vraiment pourquoi, est et restera je pense toujours très noire.

Vous alternez des livres gros, puissants, avec des livres plus linéaires, moins épais. Avez-vous besoin de souffler un peu avant d’entamer un livre plus épais ?

L’épaisseur du livre est fonction de l’histoire que je vais raconter et je ne sais jamais à l’avance s’il va s’agir d’un livre épais ou pas ! Dans le cas de Meurtres pour rédemption (près de 1000 pages !), je n’avais pas du tout prévu au départ que ce livre serait si long. Et la force d’un roman, d’ailleurs, ne réside pas dans sa longueur.

Mais autre exemple, pour Chiens de sang (qui est plutôt un livre court), j’avais envie d’une histoire qui se déroulerait sur très peu de temps (à peine plus de 24 heures) et très rythmée. Forcément, de mon point de vue, ce livre allait être plus court.

Par contre, je ne peux pas enchaîner deux livres qui soient dans la veine de Meurtres pour rédemption ou Purgatoire des Innocents. D’abord parce que j’ai envie de changer à chaque fois et parce que j’ai besoin de recharger mes batteries et d’écrire des romans où je peux prendre un peu plus de recul. Sinon, je crois que je finirais mal !

Vos personnages sont toujours très très noirs, c’est ainsi que vous voyez l’humanité ?

En effet, j’ai une vision de l’humanité assez noire mais finalement que je juge assez réaliste. C’est-à-dire que j’ai décidé, il y a fort longtemps déjà, de ne pas fermer les yeux sur ce qu’est l’être humain. Sur ses beautés, ses courages, parfois sa grandeur, mais aussi sur ses défauts, ses travers, ses pulsions, ses facettes les plus sombres. Et j’essaie, dans chaque roman, de mêler tout cela, parfois au sein d’un même personnage.

Franchement, je ne vois pas la vie comme un long fleuve tranquille ni comme une petite maison dans la prairie. Et je crois que mon regard sur l’humain est seulement (et malheureusement) réaliste.

Comme on peut le constater, l’aspect psychologique est très présent dans vos livres, vous avez fait des études de psychologie, vous étudiez beaucoup cet aspect des choses ?

Je travaille la psychologie de mes personnages d’instinct. Autrement dit, je n’ai aucune formation en psychologie ou psychiatrie, contrairement à ce qu’on pense souvent (on me pose souvent la question lors des rencontres !). Encore une fois, l’aspect psychologique est pour moi essentiel à un roman, mais pour y parvenir, j’essaie simplement de me mettre dans la peau de mes personnages ou, parfois, de les laisser venir dans la mienne…


cvt_Chiens-de-sang_9274CHIENS DE SANG (2008)
Lien externe du livre

Remy est SDF. Son quotidien, tendre la main afin de récolter les quelques pièces lui permettant de survivre jour après jour. SDF mais pas égoïste, ainsi n’hésite-t-il pas à porter secours à un quidam agressé dans la rue, quidam ayant la particularité d’organiser des chasses à l’homme pour les plus fortunés de ses clients en mal de sensations fortes !

Diane, quant à elle, est photographe. Elle aura juste le tort de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment ! Témoin d’un meurtre commis par quatre chasseurs, elle devient désormais la cible à abattre !

Deux malchanceux, deux histoires parallèles où les protagonistes n’ont que deux choix : fuir ou mourir.

On y retrouve vos thèmes de prédilection : l’évolution des relations dans un huis-clos lorsqu’une menace pèse, rapports de force, soif du sang, sadisme, instinct de survie, sentiment de culpabilité…

Oui, vous l’avez remarqué, j’aime beaucoup les huis-clos !! Qui permettent de mettre les personnages dans des situations extrêmes, de les pousser dans leurs derniers retranchements.

Chiens de Sang, c’est un livre très très noir, sur ce que l’homme est capable de faire pour sauver sa peau (dans le cas des poursuivants de Diane) ou pour assouvir ses pulsions inavouées (dans le cas des SDF).

Mais c’est aussi un livre qui, je crois, montre de belles facettes humaines dans l’entraide notamment, dans la solidarité, le sacrifice et le courage.


 

jusquacequeJUSQU’À CE QUE LA MORT NOUS UNISSE (2009)
Lien externe du livre

Vincent, guide de haute montagne dans le Mercantour, abandonné par sa femme cinq ans plus tôt, multiplie les aventures pour oublier. Après le suicide d’une conquête, il est sous le choc et se marginalise. Servane, une jeune recrue de la gendarmerie, lui demande de l’initier à ce milieu rude. Une profonde amitié les réunit, mais un jour le meilleur ami de Vincent est retrouvé mort.

Dans vos différents livres, on retrouve souvent un personnage qui a beaucoup souffert, en quoi cela vous inspire-t-il ?

Pour créer des personnages intéressants et complexes, il faut leur créer un passé qui soit fort, qui soit « riche », il faut qu’ils aient vécu des choses marquantes.

On n’est rien sans son passé, sans ce qui nous a construit.

Pareil pour mes personnages. Ils sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui, parce qu’ils ont vécu des choses. Et j’aime que leur passé vienne enrichir leur psychologie et guider leurs pas.

La dimension humaine des personnages est un de vos points forts.

En effet, même si ma vision de l’humanité est assez noire, mes romans montrent toujours différents aspects et dans chacune de mes histoires, on trouve des sentiments puissants et vrais, des choses belles qui viennent adoucir un peu la noirceur de mes romans. Encore une fois, toutes les facettes de l’être humain m’intéressent et pas seulement celles qui sont détestables.


 

cvt_Juste-une-ombre_2316JUSTE UNE OMBRE (2012)
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Prix du meilleur roman français 2012 (Festival du polar).

Cloé Beauchamp, jeune femme belle, brillante, et amoureuse d’un homme charmant, cache à la perfection ses failles et les horreurs qui ont jalonné son passé. Mais quelqu’un la suit et l’épie sans relâche. Qui voudrait la détruire, la rendre folle, la pousser au suicide ?

Thriller psychologique d’une rare intensité, vous tapez fort, très fort !
Instaurant un permanent climat de parano et de suspicion, vous nous baladez au rythme des fausses révélations et des questionnements qui nous assaillent quant à la santé mentale de cette héroïne que l’on se plait à détester.

Vous parvenez à jouer avec nos nerfs. Êtes-vous parfois surprise par vos personnages, par leurs actions ?

Oui, bien sûr ! Au départ, mes personnages sont très flous. Ils ne sont que des silhouettes qui vont, au fil des pages, devenir plus précis, s’épaissir, prendre vie… Aussi, au début de mon histoire, je ne les connais pas encore vraiment et, une fois que leur personnalité sera plus nette et plus forte, l’histoire va se modifier souvent en fonction d’eux et aller dans un sens que je n’aurais jamais imaginé au départ. Alors oui, on peut dire que je me laisse surprendre et guider par les personnages que je créé…

Vos proches relisent-ils vos ouvrages, vous donnent-ils leur avis ?

Oui, j’ai un comité de lecture, constitué de quelques amis sûrs et sincères et de proches qui acceptent de lire mes romans avant qu’ils ne soient publiés et de me donner leur sentiment de lecture. C’est très important pour moi qui suis du genre à être assaillie par le doute !

Vos lecteurs ne se plaignent-ils pas que vous leur fassiez des nuits blanches ?

Si, c’est quelque chose qui revient très souvent ! Mais je prends ça pour un compliment !

Souvent vos personnages sont un duo, flics et truands. Condition indispensable pour faire un bon thriller ?

Ce n’est pas le cas dans tous mes romans. Dans certains d’entre eux, il n’y a même pas la présence d’un policier (Chiens de Sang, par exemple, ou encore Satan était un Ange). Souvent, par contre, j’ai deux personnages principaux, c’est vrai. Qui vont soit s’affronter, soit s’allier. Mais vraiment, je crois que même dans mes personnages, je change à chaque fois d’optique…

C’est ça, être vivant. C’est ça, exister.

Exister, c’est manquer à quelqu’un.

Exister, c’est être la douleur d’un autre.

On vient au monde sans l’avoir demandé, on va à la mort sans l’avoir choisi.
Pas la peine d’en rajouter.

Ce mec est une énigme et le restera sûrement jusqu’à sa mort. Qui risque fort de ne pas se produire au fond d’un lit, dans une affreuse et paisible petite maison de retraite.

Bien trop mystérieux pour qu’on le connaisse vraiment.

Bien trop odieux pour qu’on l’apprécie réellement.

Bien trop intelligent pour qu’on le haïsse entièrement.

Bien trop courageux pour qu’on ne l’admire pas secrètement.

Bien trop féroce pour qu’on ose l’affronter directement.

(À propos du commandant Alexandre Gomez)


 

bm_CVT_Purgatoire-des-innocents_7133PURGATOIRE DES INNOCENTS (2013)
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Raphaël et William, frangins abonnés à la case prison et aux coups les plus douteux, assistés de deux complices, viennent de tirer le gros lot : une bijouterie et son cadeau bonus, 30 millions d’euros de cailloux !

À peine sorti de prison, Raphaël entraîne William, son jeune frère, et un couple de délinquants dans un braquage, place Vendôme. L’affaire vire au drame : une passante et un policier sont tués et William est grièvement blessé. En fuite, les gangsters prennent en otage Sandra, une vétérinaire habitant un corps de ferme isolé. Or, le mari de Sandra se révèle être un dangereux psychopathe…

Misery est à King ce que Purgatoire des innocents est désormais à Karine Giebel. L’auteure tape encore très fort avec cet huis-clos éprouvant où barbarie et tension psychologique d’une rare intensité se partagent la vedette.

Le bouquin se dévore bien plus qu’il ne se traîne, signe d’une intrigue aux multiples rebondissements ultra maîtrisés.

Des personnages toujours aussi complexes et très loin d’attirer une empathie immédiate.

Vous aviez trouvé Meurtres pour rédemption violent ? Bienvenue en enfer.
Vous aviez trouvé
Juste une ombre psychologiquement éprouvant ? Bienvenue en enfer.

Sur près de 600 pages, l’auteure nous plonge dans un récit d’une violence inouïe.

Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue. Vous pouvez me torturer, je ne dirai rien (demandez conseil à Karine Giebel, elle a une imagination infinie en matière de torture). Ce serait vous gâcher la multitude de saveurs qui vous attendent durant votre lecture. Tout juste puis-je concéder qu’il est question de séquestration et donc de torture.

N’est-ce pas dur d’écrire ce genre de livre qui plonge au plus bas des instincts humains ?

Si, c’est difficile, je l’admets. Et c’est pour ça que je ne peux enchaîner avec deux romans de cette veine-là, comme je l’écrivais précédemment au sujet de Meurtres pour rédemption.

C’est difficile, parce que contrairement aux idées reçues et qui circulent parfois sur le net, il ne faut pas croire que l’auteur doit être sadique pour écrire ce genre de choses. L’auteur, au contraire, doit éprouver beaucoup d’empathie pour ses personnages et notamment ceux qui sont victimes de la férocité et de la folie d’un tueur pervers.

Alors oui, c’est éprouvant, mais c’est surtout source d’émotions fortes et c’est ce que je recherche dans l’écriture. Et je suis sûre que vous avez remarqué que la violence présente dans ce roman est une violence suggérée et non détaillée, que ce roman (comme aucun de mes romans d’ailleurs), n’est pas « gore ». Ceci dit, une violence larvée ou suggérée peut faire tout aussi mal (voire plus !) que de la violence montrée dans le détail.

Mais comme dans Meurtres pour rédemption, il y a aussi beaucoup d’amour dans Purgatoire des innocents. J’ai aimé notamment écrire l’amour fraternel qui unit Raphaël à William et beaucoup aimé aussi décrire les liens qui vont se créer entre les deux frères et les deux « sœurs »…

L’homme est-il une vraie source d’inspiration inépuisable ?

Je le crois sincèrement. L’homme dans son environnement, oui.

Quel est, à vos yeux, le pire sentiment humain ?

Difficile à dire… Difficile d’établir un classement ! Disons qu’à mes yeux, c’est peut-être la lâcheté ou encore la jalousie. Mais je crois que ça varie en fonction des moments et des situations.

Et dans le même ordre d’idée quel est pour vous le pire dictateur de l’humanité ?
Le pouvoir et ce qu’il entraîne dans son sillage…


 

cvt_Maitres-du-jeu_2446MAITRES DU JEU(2013)
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Deux nouvelles. Dans la première, une actrice, Morgane, hérite d’une maison en Ardèche d’un de ses fans décédé. Arrivée sur les lieux avec son mari, un jeu de piste organisé par le défunt les mène droit à un piège. La seconde nouvelle relate une prise d’otage par un évadé d’un hôpital psychiatrique qui propose un marché bien étrange. Mais une petite fille aveugle va tout bouleverser…

Deux nouvelles qui, une nouvelle fois, pénètrent très profondément dans l’âme humaine.

Vous n’écrivez pas beaucoup de nouvelles, est-ce différent de l’écriture de romans ?

Assez différent, oui. Pour une nouvelle, je suis obligée de savoir un peu où je vais, de faire une sorte de plan ou du moins d’avoir un fil rouge car je n’ai pas la liberté du nombre de pages ! C’est difficile d’écrire une nouvelle dans le genre thriller ou polar, je trouve, car il faut parvenir dans un nombre restreint de pages à créer de l’attachement aux personnages, à créer une intrigue qui tient la route, un suspense… C’est un condensé de roman, finalement, et je ne suis pas quelqu’un de très… synthétique !

C’est donc pour moi un exercice intéressant mais parfois difficile. Mais qui m’apprend toujours quelque chose.

La nuit, tout est plus beau… La laideur intrinsèque du monde, la pourriture qu’exhalent ses entrailles, tout cela est mis entre parenthèses le temps d’un songe. Il n’y a que la solitude et les angoisses pour être exacerbées. Plus de bruits parasites, de mots inutiles, d’occupations futiles ou de déguisements dérisoires: face au noir, au silence, tout devient évident. Et intolérable. La nuit nous prépare à la mort, à doses homéopathiques; un granule tous les soirs.


 

satanetaitunangeSATAN ÉTAIT UN ANGE (2014)
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Voila votre huitième roman et le dernier en date.

Lorsque François apprend que sa tumeur est incurable et qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, il monte en voiture et erre sans destination. En chemin, il prend en auto-stop, un autre fuyard, Paul. En quelques jours, les deux hommes apprennent à se connaître et à profiter de la vie.

Virage à 180° pour vous par rapport à votre précédent roman, le Purgatoire des innocents. Il n’y a bien que la thématique biblique du titre qui s’en rapproche. Et puis votre style, inimitable.

Contre-pied. Là où le précédent récit se déroulait dans un espace confiné, vous prenez ici le large. Deux hommes que rien ne devait rassembler, jetés sur les routes de France.

Autre ambiance, autre traitement également. Récit plus ramassé, violence psychologique davantage que physique. Violence, mais émotions aussi.
Avec toujours votre patte, phrases courtes, rythme syncopé, plume toute en rupture. Comme vos personnages au bord de la cassure.

Une intrigue somme toute assez simple, mais des personnages forts, attachants, énervants, bref vivants ! Rédemption, damnation, où est le bien, où est le mal ?
Questionnements existentiels sur deux hommes dont l’existence leur échappe.
L’auteure a souhaité imprimer une rythmique particulière à son histoire. Ambiance des années 2000 tout d’abord (on compte encore en franc et on y fume à tous les étages).

Tempo du récit construit autour des Fleurs du mal de Baudelaire, également.

 Votre road-movie à vous ? Votre Thelma et Louise ?

C’est vrai que j’avais vraiment envie de changer par rapport au précédent roman, Purgatoire des innocents, sortir de l’huis-clos et de la violence ! Même si la violence existe dans Satan était un Ange, elle est traitée de manière très différente.

Je ne me permettrais pas de comparer ce roman au film de Ridley Scott ! L’idée de départ, c’est celle d’un homme qui plaque tout du jour au lendemain parce qu’il apprend que la mort est à ses trousses. Alors, il prend la fuite. Postulat de départ très simple finalement. Je me suis demandée : quelles sont les différentes réactions qu’on peut avoir lorsqu’on apprend que ses jours sont comptés ? Et j’en ai choisie une.

 Ici ce sont deux hommes, pour la première fois je crois, il n’y a pas d’héroïne féminine…

Oui, là aussi, j’ai voulu un changement assez radical et même si les femmes sont présentes dans ce livre, c’est en filigrane, dans l’esprit de nos deux héros masculins.

Avec ce livre, on a un peu l’impression que vous vous retenez, que vous vous êtes sentie « obligée » de livrer un thriller plus « classique ». Vrai ? Ou faux ?

Complètement faux ! Sachez que je ne me retiens jamais quand il s’agit d’écrire ! J’écris ce que j’ai envie d’écrire au moment où j’en ai envie. Ce n’est pas plus compliqué que ça ! Je ne reçois aucune consigne, je suis libre et compte bien le rester. Certes, l’avis de mes lecteurs m’intéresse, il est même très important pour moi. Mais je dois avouer, au risque peut-être de les choquer, que lorsque je me lance dans l’écriture d’un roman, je pense à ce que j’ai envie d’écrire et pas forcément à la façon dont ils vont recevoir mon livre… Bien sûr, je suis très heureuse lorsqu’ils aiment, mais ça ne peut pas venir diriger ma plume. C’est impossible pour moi de fonctionner ainsi.

Il est vrai que j’avais personnellement besoin d’une parenthèse un peu moins noire après Purgatoire des innocents, mais je trouve que le fond de ce roman est quand même très sombre. C’est un roman sur la mort, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sur la destruction de la planète… Ce n’est pas, je crois, une petite bluette romantique ! D’ailleurs, chose assez drôle, les lecteurs qui ont l’habitude de me lire m’ont dit que c’était effectivement moins noir et que la fin, surtout, était moins noire qu’habituellement.

Alors que les lecteurs qui m’ont découverte avec ce roman l’ont trouvé très sombre ! Je crois que c’est en fait une question de comparaison avec ce que j’ai écrit précédemment.

Dans ce roman, vous présentez un personnage de jeune déboussolé, qui bascule dans la petite délinquance… Et qui rêve d’ailleurs… C’est un peu prémonitoire, vu les événements actuels… non ?

Les choses se répètent, je crois. En fonction des époques et des lieux, on trouve toujours des points communs. Comme une roue qui ne cesserait de tourner, une histoire qui ne cesserait de se répéter. Mais l’histoire de Paul est tout de même très différente de ce à quoi vous faites allusion, je trouve…

Vous parlez dans ce livre de la Roumanie après Ceausescu, y avez-vous été, est-ce vraiment comme vous le décrivez ?

Non, je ne suis jamais allée en Roumanie et pour pouvoir en parler, j’ai fait des recherches, tout simplement. Donc, je crois que ce j’écris dans ce roman correspond à la réalité (il faut dire tout de même que je ne rentre pas dans le détail vu que l’intrigue ne se déroule pas en Roumanie, mais en France !).

Vous n’avez jamais eu de procès d’un lecteur à qui vous auriez trop emballé le cœur ?

Ce n’est pas encore arrivé, mais sait-on jamais !!

Ce qui est intéressant aussi dans ce roman, c’est aspect dépouillé de l’écriture, l’aspect presque… épuré. Vous l’avez écrit de cette manière ? Ou il vous a fallu beaucoup travailler pour « enlever le gras » ?

Une fois le premier jet terminé, je relis énormément mon manuscrit de façon à retravailler les personnages si nécessaires et surtout le style. Le ciseler, l’épurer, l’affiner… Pour qu’il colle au rythme que j’ai envie de donner.

Je relis inlassablement jusqu’à ce que je ne sache plus quoi changer. Alors, je donne mon roman à lire car c’est le moment où j’ai besoin d’un regard extérieur pour l’améliorer.

Dans ce livre vous parlez d’une journaliste italienne, Ilaria Alpi, et d’un trafic international de déchets toxiques. Pouvez-vous nous en toucher un mot ?

Je ne peux pas trop en dévoiler au risque de déflorer l’intrigue.

L’histoire de cette journaliste est réelle, mais je ne m’en suis pas inspirée pour écrire le livre. Je l’ai découverte en enquêtant sur le thème du trafic de déchets toxiques et j’ai eu envie de rendre hommage à son extraordinaire courage en l’incluant dans mon histoire.

Votre héros est atteint d’une maladie incurable et quitte tout. Que feriez-vous si vous deviez être atteinte de la sorte ?

Sincèrement, je n’en sais rien. C’est une réaction possible, mais il y en a tant d’autres… Mais je crois qu’en cas de situation aussi désespérée, je ne laisserais pas les médecins s’acharner sur moi.

Et puis il y a les Fleurs du mal de Baudelaire qui rythme le tempo du roman. Ces poèmes semblent vous fasciner, pourquoi ?

J’aime beaucoup les Fleurs du mal, recueil que j’ai découvert il y a bien longtemps.

C’est sans doute la noirceur de ces textes, la vision si sombre que Baudelaire a de l’humain et de l’humanité en général, qui m’a profondément touchée…

« En définitive, ce n’est pas la mort qui enchaîne. C’est la vie. Avec toutes ses contraintes absurdes, ces choses que l’on s’impose à soi-même ; ces barrières que l’on érige patiemment autour de soi. Par obligation, par peur, bêtise ou convenance. Par habitude ou par pudeur.
On participe à construire sa prison, dorée ou pas, barreau après barreau. Et même si on dispose des clefs, rester à l’intérieur pour y périr lentement… »

Selon vous, quel genre d’écrivain êtes-vous ?

Je suis une auteure assez instinctive et impulsive. J’écris autant avec mes tripes qu’avec mon cerveau. Et je suis une passionnée et une boulimique de l’écriture…

Où vous situez-vous dans le monde du polar ?

Je n’en sais trop rien, mais disons que je suis un peu à part apparemment, par la noirceur de ce que j’écris.

On peut dire que vous faites partie du nouveau polar français.

Sans doute. Longtemps, les femmes ont été plus ou moins tenues à l’écart de ce genre littéraire, mais enfin, les voilà ! Nous ne sommes pas encore très très nombreuses, mais les choses changent.

Je crois aussi que ce qui change, c’est la façon de continuer à écrire du polar pour parler de la société, de l’humain, continuer à parler des sujets qui nous interpellent et nous révoltent, mais peut-être le faire différemment.

Car c’est cela que j’aime dans le polar : ce n’est pas un genre nombriliste.

Vos titres arrivent au début, en cours d’écriture ?

C’est très variable. J’ai rarement le titre dès le départ (ça a dû m’arriver deux fois, je crois) et il vient en général en cours d’écriture. Parfois, je ne l’ai toujours pas trouvé alors que le livre est terminé et parfois j’ai besoin d’avis extérieurs parce que j’hésite entre plusieurs titres !

Vous arrive-t-il de mener de front plusieurs livres différents ?

Non, ça ne m’est jamais arrivé. La seule chose que j’ai pu faire, c’est arrêter d’écrire un livre pour écrire une nouvelle, par exemple, et reprendre ensuite l’écriture de mon roman. Mais je ne peux pas écrire deux histoires en même temps.

Êtes-vous parfois insatisfait de ce que vous écrivez ? Y a-t-il ainsi des livres de vous que nous ne lirons jamais ?

Je suis toujours insatisfaite de ce que j’écris. Je pense toujours que j’aurais pu faire mieux, bien mieux. Je suis quelqu’un qui doute beaucoup.

Il y a des livres que je n’ai pas souhaité faire publier à ce jour. Peut-être qu’un jour, si j’estime que l’histoire en vaut la peine, je les retravaillerai pour voir ce que ça donne !

Écrivez-vous tous les jours ? Vous imposez-vous un rythme d’écriture ?

Je ne m’impose rien, surtout pas dans l’écriture qui est mon plus bel espace de liberté ! Alors non, je n’écris pas forcément tous les jours et je n’ai pas d’horaires.

Quand je travaillais, j’étais obligée d’écrire la nuit parce que je n’avais guère le choix. Aujourd’hui, j’écris lorsque j’en ressens l’envie, le besoin. De jour comme de nuit !

Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman ?

Pour le fameux premier jet, ça va de 3 à 6 mois. Ensuite, il faut compter à peu près le même temps de relecture et de travail sur le texte.


 

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