Deutsch Xavier

Rencontre avec Xavier Deutsch
21 et 28 janvier 2015

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Bio
Entretien
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Biographie

xavier-deutschMon nom est Xavier Deutsch. Je suis né à Leuven (en Belgique) le 9 février 1965, dans un milieu normal. Mon enfance a été normale, j’ai suivi des études normales.
En janvier 1989, je publie mon premier roman : La nuit dans les yeux, chez Gallimard. Je fais la connaissance de Geneviève Brisac, à qui je dois beaucoup.
J’ai à ce jour publié une quarantaine de livres ainsi que de nombreux textes dans la presse ou des ouvrages collectifs. J’ai écrit plusieurs pièces de théâtre, j’anime des ateliers d’écriture. Les arts plastiques me passionnent, et mes textes accompagnent régulièrement les travaux de photographes et de peintres. 

Le site de l’auteur : http://www.xavierdeutsch.be/index.htm

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Entretien

Xavier Deutsch est né en hiver 1965 à Louvain. Enfance heureuse, dans une famille de 4 enfants. A 12 ans vous choisissez pourtant de partir à l’internat où vous passez 6 années. Vous publiez votre premier roman en 1989 « La nuit dans les yeux ». Des dizaines de romans pour ados et pour adultes suivront. En 2002, vous recevez le Prix Rossel pour « La Belle étoile ». Vous êtes passionné de photographie, proche de la nature et des forêts, entre autre…

Vous m’avez dit en préparant cette rencontre que vous ne vouliez pas de questions que l’on vous pose tous les jours, que vous vouliez autre chose. Alors, puisqu’on peut partir dans l’absurde, voici ma première question : pourquoi ?

Parce que j’aime qu’on m’étonne. J’aime beaucoup ces moments, ces rencontres, dans des bibliothèques, des librairies, mais on me pose à peu près tout le temps les mêmes questions et ça crée une lassitude. À partir de là, c’est vrai, j’aime qu’on me surprenne, qu’on me questionne différemment. C’est beaucoup plus gai pour moi et, partant, je pense que c’est aussi beaucoup plus gai pour les personnes qui ont la gentillesse de venir me rencontrer. Le dialogue en devient plus spontané, plus naturel : je débranche mon « pilotage automatique » et je vais au devant des questions déroutantes que l’on me pose.

Ma deuxième sera aussi tendancieuse que la première : comment ?

De la façon que vous voudrez. Mettez-y de l’audace, de la joie, du jeu, bouleversez les codes, si l’idée vous tente, et ça m’ira très bien.

Vous publiez votre premier livre La nuit dans les yeux en 1989, vous avez alors 24 ans, ce qui est encore relativement jeune. C’est un récit en forme de journal intime, une envie de se raconter ? Comment est venue l’idée d’écrire un livre, ce livre ?

Ah non, pas du tout ! La littérature n’est absolument pas là pour permettre à un auteur de se raconter. C’est une des ornières dans lesquelles s’embourbe la littérature francophone contemporaine, et j’évite absolument ce piège !

Ce texte, La nuit dans les yeux, a résulté d’une commande. Pour le dire en un mot, j’avais un petit roman court que Geneviève Brisac, mon éditrice chez Gallimard, se préparait à publier. Mais, comme le texte était court, elle m’a demandé d’en écrire un autre, de façon à publier ces deux romans courts en un seul volume plus épais, et j’ai écrit La nuit dans les yeux en quelques jours.

Comment le percevez-vous maintenant avec le recul ?

Avec de la tendresse.

Comment est-on publié pour la première fois ?

De la façon la plus normale. Vous envoyez vos textes à des éditeurs en espérant qu’ils seront séduits, qu’ils auront envie de les publier. J’ai eu cette chance. Je ne connais aucun autre moyen.

Question bateau certes, mais comment en êtes-vous venu à l’écriture, et pourquoi écrire ?

Ah, la question est claire mais la réponse est ténébreuse. À dire vrai, je ne sais pas. J’ai l’impression, sans prétention aucune, que c’est écrit dans mes gènes. Lorsque je crée un roman, je me sens parfaitement à ma place dans ce monde. C’est mon lieu. Alors j’en suis venu à écrire en écoutant cette petite voix qui murmurait en moi, qui m’indiquait cette trajectoire, et qui me disait qu’elle serait la condition de mon bonheur et de mon épanouissement.

Comment était le petit Xavier, quel livre a-t-il lu en premier, il était fan de quoi, à quoi s’intéressait-il ?

J’étais un enfant calme, et je lisais en effet beaucoup. Mon tout premier livre a été Petzi et la baleine mais, très vite, je me suis tourné vers des romans de mon âge, la Bibliothèque rose, la Bibliothèque verte, les éditions des Deux coqs d’or, les récits de la mythologie et les aventures, le Club des Cinq et les histoires de Bennett et Mortimer. Et l’encyclopédie « Tout l’univers »… J’étais curieux de tout.

À quel âge avez-vous réellement commencé à écrire ?

Littéralement, à six ans, comme tout le monde, en classe de première primaire. Mon instituteur se nommait M. Bontemps. Je me suis mis à écrire de la littérature, si je m’en souviens à peu près bien, pendant mon adolescence, mais c’est à dix-neuf ans que j’ai entrepris l’écriture d’un roman.

Par quoi êtes-vous inspiré ?

L’inspiration, pour moi, est un mot étrange. Je ne le comprends pas et je ne m’en sers pas. Si vous me demandez ce qui provoque ou ce qui alimente mes romans, je vous répondrai : mon imaginaire. De quoi mon imaginaire est-il constitué ? De tout ce qu’il a reçu, métamorphosé, stocké, depuis le jour de ma naissance.

Êtes-vous quelqu’un qui travaille beaucoup vos livres, qui y pense longtemps à l’avance ?

Non non, pas du tout. Lorsque le déclic se produit, et pour peu que je trouve le temps de me consacrer à ce texte qui surgit dans mon imaginaire, j’écris en continu, sans beaucoup relire ni beaucoup retravailler. J’avance, je ne m’attarde pas sur ce qui est écrit.

Une anecdote à nous raconter concernant vos livres, vos personnages ?

Je cherche, mais je ne vois pas. L’écriture d’un roman n’est pas quelque chose de spectaculaire, c’est un travail qu’on soutient de façon régulière et assidue.

En revanche, une anecdote, oui, mais qui n’est pas relative à un de mes romans. J’avais seize ou dix-sept ans et j’avais aperçu dans la rue une jeune femme extrêmement belle qui m’avait troublé. Je l’avais suivie, j’avais vu où elle habitait et, quelques jours plus tard, je déposais dans sa boîte aux lettres une lettre ardente et tendre, érotique, et parfaitement anonyme. J’ai récidivé quelques jours plus tard, et quelques jours plus tard encore. Puis je me suis fait attraper par son mari qui ne comprenait sans doute pas grand-chose à la poésie courtoise, et qui m’a emmené à la gendarmerie. Là, j’ai eu droit à un sermon en règle, et bien mérité, de la part d’un vieil adjudant chef. Mais, auprès de cet adjudant chef se tenaient deux jeunes gendarmes qui lisaient mes lettres de façon goguenarde. Puis l’un d’eux, se tournant vers moi, m’a dit : « C’est toi qui as écrit ces lettres ? ». Moi, honteux et confus, j’ai répondu oui d’une petite voix. Et il a alors conclu : « Hé bien, mon gars, tu devrais écrire des romans ! ».

Ma vocation est née ce jour-là.

On le verra durant cette interview, vous aimez placer vos histoires partout dans le monde. Que ce soit proche de chez nous, en Sicile, aux États-Unis ou ailleurs… Xavier Deutsch est-il un grand voyageur ?

Hé non, et au contraire. Je suis plutôt casanier. Mais ceci relève de la même logique : un auteur, en littérature, ne parle pas de lui. L’action de mes romans s’inscrit le plus souvent dans un lieu que je ne connais pas, où je n’ai jamais mis les pieds ni le reste. C’est très important ! Un roman n’est pas un reportage ni un documentaire. Si je situais l’action d’un roman dans un lieu que je connais, ce roman serait captif de la connaissance que j’ai de ce lieu, et mon roman ne serait pas libre.

Si mes romans se situent en Alaska, en Sicile, c’est précisément parce que je ne suis jamais allé dans ces régions.


La Belle étoile (2006)
Lien externe du livrecvt_La-belle-etoile_7932

Ce livre a reçu le Prix Rossel.

La Belle étoile, c’est le nom d’un cargo dont l’équipage et sa cargaison – un vieux paysan et quarante juments – sera le dernier à quitter le port chinois de Lushun, ex-Port-Arthur où une menace plane. Qu’est-il arrivé ? Est-ce une épidémie, une guerre, une catastrophe naturelle, qui a poussé des millions d’êtres humains à fuir dans un mouvement de panique indescriptible ? Non, ceux qui sont à l’origine de cet immense bouleversement, ce sont les dogues.
Le navire appareille pour une destination inconnue. Il faut traverser une tempête comme les marins n’en ont jamais vu. Puis, c’est une coalition animale encore plus étonnante qui attaque le bateau avec méthode, dans le but évident de l’envoyer par le fond.

Récit allégorique où les hommes ne sont que des instruments fragiles aux mains de la nature furieuse.

Qu’avez-vous voulu dire par ce livre qui mélange merveilleux, réalisme fantastique, poésie et mythologie ?

Rien. Je le répéterai jusqu’à mon trépas : un romancier n’est pas là pour dire quelque chose. Un romancier qui aurait quelque chose à dire, à transmettre, à exprimer, et qui instrumentaliserait un roman pour transmettre son propos, commettrait une forfaiture. Un romancier raconte une histoire, il crée un territoire n’ayant pas encore existé.

Que sont les dogues ?

Des chiens. De sales chiens malades et dangereux. Des monstres brutaux.

Le Prix Rossel, une récompense méritée d’après vous, une fierté ?

Méritée, ce n’est pas à moi de le dire. Mais j’ai été sensible au commentaire d’un lecteur qui, après l’attribution du prix, a déclaré : « Enfin, un Rossel qui récompense un univers ! Un Rossel qui n’est pas banalement l’expression d’un auteur ayant quelque chose à livrer… ».

Le prix, oui, m’a rempli de fierté, et cette phrase davantage encore.

Ce court roman est suivi de nouvelles. Pourquoi y avoir inclus des nouvelles ?

Non non, l’édition originale ne comportait que le roman. Les nouvelles ont été ajoutées par l’éditeur dans une parution ultérieure.

L’écriture de nouvelles est-elle différente de l’écriture de romans ?

Non. C’est exactement la même chose.


Le Cantique des carabines (2009)
Lien externe du livrecarabines

Un roman qui est inspiré par un chant de charretier sarde, ce qui n’est pas commun… On y croise deux personnages, Léonidas qui a 28 ans et qui va vendre ses oignons à la ville. Il emmène avec lui son jeune frère Ponce, qui lui a 14 ans, l’âge de la majorité. Tous deux ont des têtes bizarres de grenouille. Et puis surtout il y a la Sicile, avec ses gens rudes, ses paysages rocailleux, les brigands mafieux.

Le ton est aussi important que l’histoire, une simplicité dans l’écriture qui s’accorde bien au caractère des héros. Les personnages sont forts, beaux, honnêtes même dans leur malhonnêteté…

Comment est née l’idée de ce roman ? Lors d’un séjour en Sicile ?

Les romans ne procèdent pas d’une idée (sans quoi ils seraient soumis à l’intention de l’auteur). Non, celui-ci a surgi d’une image qui s’était formée dans mon imaginaire : un homme, seul dans une église vide, levant les yeux vers la statue d’un saint. Cet homme allume une cigarette et contemple la statue du saint. Le roman est parti de là. Du reste, je ne suis jamais allé en Sicile.

C’est un peu un récit hors du temps… On y croise la modernité, mais rien n’est vraiment défini… On ne paie pas forcément en euro, mais en napoléons par exemple…

C’est en quelque sorte un conte initiatique, un apprentissage de la vie. Un passage obligé pour tout homme, pour tout écrivain ?

Non non. Tout homme passe fatalement par un apprentissage et une initiation, mais la littérature n’est pas conforme à la vie, elle n’a pas à épouser les contours ni les balises de l’existence. La vie s’aligne sur la littérature, et non l’inverse.

Ce qui frappe aussi dans ce livre, c’est l’optimisme qui s’en dégage, des aventures qui sont portées par l’évidence.


Une belle histoire d’amour qui finit bien (2010)
Lien externe du livreamour

Paul, Achille et Zoé sont amis depuis longtemps. Ils se sont connus sur les bancs du lycée. C’est une histoire d’aujourd’hui, de toujours, une histoire d’amitié, de liberté et de prisons.

Mais le trio ne se voit plus très souvent depuis que Zoé a épousé un érotomane, magistrat de son état, très jaloux, qui la cloître au domicile conjugal, en allant même jusqu’à consulter le compteur de SMS dans le portable de son épouse.

Ils doivent donc ruser, et ils le font très bien. Ils se voient deux fois la semaine et se racontent. Mais un jour, Paul, lors d’un bal costumé, tombe amoureux d’une belle ténébreuse. Et le jeu prend des tournures auxquelles on ne s’attend pas vraiment.

Trentième ouvrage déjà et une histoire qui fait du bien, qui procure du plaisir. Les personnages sont attachants, le style raffiné, élégant, efficace et sensuel.

La première chose qui frappe dans ce livre, c’est d’abord le titre et le bandeau. Les histoires d’amour doivent finir mal ?

Bien sûr que non, et le titre promet le contraire : les histoires d’amour finissent bien en général, ou même ne finissent jamais.

On sent que vous aimez les jeux de séduction, les énigmes. C’est un roman qui frôle le libertinage et la bonne humeur au travers d’un sujet assez lourd quand même. C’est frais, léger, drôle, parfois tendu. C’est une histoire dans l’histoire. Alors comme ca, Xavier, vous aimez jouer, lancer des défis, comme en page 68 ou en page 23 ?

J’aime lancer des défis, des défis érotiques, mais j’aime davantage encore que d’autres personnes m’en adressent. Rien ne me réjouit plus que de recevoir une lettre ou un mail écrit par quelqu’un (éventuellement quelqu’un que je connais très mal, voire pas du tout) qui me lance un défi érotique.

Ne seriez-vous pas vous-mêmes un grand enfant ?

Ah non, pas du tout ! Et j’ai en horreur cette tendance contemporaine qui semble sacraliser l’enfance ! Comme si les enfants avaient le monopole de l’insouciance, de l’esprit de jeu, de la gaieté. Je suis un adulte à part entière qui n’a jamais renoncé à jouer, à être heureux.

On ne peut s’empêcher de rapprocher votre livre des Liaisons dangereuses par certains propos. Un attrait particulier pour ce livre et pour le 18e siècle en particulier ?

Pas particulièrement. Ce roman allait cultiver une « joie du jeu libertin » et il m’a semblé naturel de voir se rapprocher l’esprit du XVIIIe, mais je ne suis pas un spécialiste de cette période.

Une histoire de fantasmes aussi, Xavier Deutsch aurait-il des fantasmes ?

J’en ai de nombreux, je les considère avec beaucoup de bienveillance, je concrétise ceux qui se prêtent à être concrétisés et ça me semble être un signe de bonne santé mentale. Je m’inquiéterais ou me méfierais d’une femme ou d’un homme qui n’aurait aucun fantasme, ou qui prétendrait n’en avoir aucun. Ça équivaudrait à dire que cette personne ne ressent aucun désir érotique, que ni son cœur ni son ventre ne palpitent…

Puis je ne redoute pas de voir étinceler soudain, en mon imaginaire érotique, un fantasme nouveau, un désir qui ne s’était encore jamais allumé jusqu’à présent.

Qu’est-ce qui est important finalement dans une relation amoureuse, l’amour ou est-ce la séduction qui compte ?

Ce qui est important, c’est que les deux personnes reliées par cet amour s’y épanouissent. Le reste leur appartient. Il n’y a pas de recette, pas de code, pas de règle.


Hope (2014)
Lien externe du livrehope

Xavier Deutsch nous plonge ici dans les années 50, au cœur de Sheridan, une petite ville du Wyoming.

Joseph Petersen est un adolescent tranquille de l’Amérique provinciale des années 1950. Pour payer sa bicyclette neuve, il distribue des journaux et travaille le samedi chez un garagiste. Les pin-up du calendrier 1952 lui sourient dans un coin de l’atelier. La fille du mois de septembre regarde le garçon d’un air grave et profond. Joseph la baptise Hope et décide de la retrouver. Le jeune homme finira par retrouver Hope dans une grande ville lointaine – en fait Pearl, la fille d’un homme acculé par les dettes.

Un roman tout d’abord fulgurant se transforme petit à petit en nuances, en ombres… une œuvre littéraire au sens le plus noble du terme.

Un roman de toute une époque où la haine des communistes aux États-Unis se muait presque en chasse aux sorcières. On y parle aussi des Indiens et de leur situation précaire, de la ségrégation dans la grande ville. Et pourtant ce roman est rempli d’espoir comme l’indique son titre…

Vous dites d’ailleurs : « Je trouve important que, dans notre monde, on puisse encore faire exister des choses bonnes et pas bêtement candides ». Avez-vous une fascination pour les USA et pour l’époque à laquelle se passe ce récit ?

Hé non. Les États-Unis ne me fascinent pas plus ni moins que de nombreuses autres régions de la planète. À priori, c’est vrai que mon imaginaire préfère les lieux froids ou tempérés. Je n’ai aucune accointance pour les tropiques et, si je devais écrire un jour librement un roman dont l’action aurait lieu en Afrique, ce serait au fond d’une forêt ténébreuse, humide, dure.

Quant au lieu et à l’époque où se situe Hope, je répondrais simplement que c’est mon roman qui choisit. Mon roman s’est ancré là, dans le Wyoming, au début des années ‘50 : un peu comme une graine d’arbre choisit le terrain où elle trouvera la possibilité de croître.

Ceci n’est pas le premier texte que vous écrivez pour les adolescents. Quelle est la différence entre écrire pour la jeunesse et écrire pour les adultes ?

Il n’y a pour ainsi dire aucune différence. Je n’écris presque jamais spécifiquement un roman pour de jeunes lecteurs, ni pour aucun genre de lecteur en particulier. J’écris un roman, puis il est éventuellement publié (comme c’est le cas ici) par un éditeur « jeunesse », mais je ne change rien à ma façon d’écrire lorsqu’un roman se dirige vers de jeunes lecteurs.


Chaussée de Moscou (2014)
Lien externe du livremoscou

Nous sommes dans les Ardennes françaises, à quelques kilomètres de la Belgique, dans le village de Baison… Ce village est traversé de part en part par la chaussée de Moscou.

On y suit le maire, Basile Rouillon, un homme taciturne, même s’il raconte cette histoire. Nous sommes ici dans la ruralité, dans la virilité franche.

On ne situe pas vraiment l’époque où se déroule ce roman. Il est question ici de fugitifs, de résistance, d’héroïsme ordinaire.

Des personnages étranges parsèment aussi ce roman : un faune vagabond, une petite lampe rouge à la fenêtre, une mère qui fait de la littérature coquine, une femme que l’on promène la nuit, nue et en laisse. Et puis, tout aussi joyeusement des hussards, des cosaques ou des Moldaves venus regarder des toiles de maîtres. Les jeunes garçons sont tous baptisés d’un prénom russe. Des comportements baroques…

Toute la narration se situe entre 18h et midi le lendemain.

Vous présentez votre livre comme ceci : « Un éloge de la pénombre, des femmes claires et des hommes lents ». On dirait que vous aimez les personnages qui sortent de l’ordinaire. L’amour, présent dans nombres de vos écrits, est ici une fois de plus, présenté de manière assez étrange. Un roman à la fin assez noire…

Selon vous, quel genre d’écrivain êtes-vous ?

Je ne parlerai jamais de moi comme d’un écrivain. Le terme « écrivain » est à ce point précieux qu’il faut le réserver à Flaubert, à Simenon, à des auteurs qui ont fait la preuve de leur grandeur, de leur universalité. Pour ma part, je dis de moi que je suis un romancier, terme technique : je suis un homme qui écrit des romans.

Vous arrive-t-il de mener de front plusieurs livres différents ?

Non non, jamais. Ça me serait impossible.

Êtes-vous parfois insatisfait de ce que vous écrivez ? Y a-t-il ainsi des livres de vous que nous ne lirons jamais ?

Non, je signe, j’assume, je revendique chacun de mes textes. Chacun des textes que j’écris a vocation à être publié.

Écrivez-vous tous les jours ? Vous imposez-vous un rythme d’écriture ?

Quand je travaille à un roman, oui, j’écris chaque jour, en continu. Du matin jusqu’au soir, et je m’y remets le lendemain. Chaque jour, sans interruption. Au bout de deux ou trois semaines, le texte est terminé.


Mes cinq livres préférés :

maigretsamuse– Simenon, Maigret s’amuse

Simenon est mon père en littérature, mon pain (presque quotidien), je
le lis et le relis chaque fois avec le même bonheur. J’aime la pâte de son écriture, cette efficacité, cette matière. J’aime le son que ça rend et la saveur qui se dégage. J’aime ses univers de petites rues de Paris au crépuscule sous le brouillard, les ports de la Manche et les petites villes de Charente Maritime. J’aime tout. C’est très difficile d’identifier un roman de Simenon parmi deux cents, alors je cite un Maigret pour lequel j’ai une tendresse particulière.

zola-potbouille– Zola, Pot-bouille

Zola, ça reste pour moi un repère. Simenon doit avoir lu Zola (et Dostoïevski). J’aime Flaubert, Maupassant, Zola, j’aime la littérature française de cette époque. Parmi tous les Rougon-Macquart, j’ai mes préférés : La bête humaine, La débâcle, Son excellence Eugène Rougon, La terre, et Pot-bouille est un roman d’exception. Une sorte d’huis-clos de cinq cents pages dans un immeuble parisien de la petite bourgeoisie. Magnifique !

nouslesvivants– Erskine Caldwell, Nous les vivants

J’adore les romans américains du XXe siècle et Erskine Caldwell est une découverte assez récente.
Un auteur très puissant, à placer au même rang que Salinger ou Capote.

lajumentverte

– Marcel Aymé, La jument verte

Là aussi, une découverte récente, et j’avale Marcel Aymé avec délectation. Un univers comme je les aime, une écriture qui a de l’allant. Un gars qui connaît sa besogne.

desangfroid– Truman Capote, De sang-froid

Un chef-d’œuvre du roman noir, un des plus grands textes du XXe siècle.


Mes cinq chansons préférées

Hells ditch, des Pogues (écouter le titre)

Bella ciao (écouter le titre)

Flower of Scotland, l’hymne national écossais (écouter le titre)

Nane tsora, de Bratsch (écouter le titre)

Long way home, de Tom Waits (écouter le titre)

Difficile de débriefer les chansons que j’aime. Globalement, c’est du son couillu. J’aime la musique celtique, le rock anglo-saxon, les mélodies juives d’Europe centrale et orientale. De la musique de mecs. Et Flower of Scotland, chanté par tout un stade, à Murrayfield, avant un match du tournoi des Six Nations, ça fait dresser le cœur en sa poitrine.


Et quelques films…

Le salaire de la peur (Visionner le trailer)

Les ailes du désir (Visionner le trailer)

– …

Et voilà.

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