Collins Christophe

Rencontre avec Christophe Collins
Alias Christophe Corthouts
20 janvier 2014

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Bio
Entretien
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Vidéo
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Biographie

Christophe-CollinsChristophe Collins est donc né, le 6 juin 2010.
A 66 ans près, il aurait pu rester coincé sur Omaha Beach, ou suspendu à un clocher normand, le corps criblé de balles. Je vous l’accorde. En 2010, il ne risquait pas grand-chose.
Christophe Collins est né pour écrire des polars. Des thrillers. Des histoires sanglantes. Avec de l’action, des femmes, de la sueur, des larmes et du rire.
Christophe Collins a déjà terminé « 35 MM » son premier roman.
Et le second, « L’Etoile de L’Est » sera publié chez un éditeur liégeois, en décembre prochain. A temps pour le glisser sous le sapin de Tata Huguette. Pas sûr que cela lui fasse plaisir. Mais bon… S’il écrivait pour faire plaisir, ça se saurait.

Et enfin, si on vous demande pourquoi je parle de Christophe Collins à la troisième personne, dites que vous n’en savez rien.

Le site de l’auteur : https://christophecollins.wordpress.com/

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Entretien

 

Bonsoir et bienvenue.

Ce soir nous accueillons un écrivain pas comme les autres. Liégeois de naissance, il a publié son premier livre en 1997, il y a 17 ans. 17 romans plus tard, il brouille les pistes en changeant de nom. Au début de sa carrière, il s’appelait Corthouts, et pour des raisons qu’il nous expliquera, voilà que maintenant c’est sous le nom de Collins que nous le connaissons. L’humour et l’intelligence de l’homme de tous les jours se retrouve dans ses écrits pour nous proposer des livres qui, une fois ouverts, ne se lâchent plus avant de les avoir terminés.

Mais trêve de bavardage, aujourd’hui, nous n’accueillons ni Corthouts, ni Collins mais tout simplement Christophe…

Alors Christophe, pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Je suis né en 1970, en bord de Meuse. Dans une petite commune, Tilleur, au passé minier, ouvrier. Enfance sans ennui, adolescence sans ennui… L’âge adulte… On gardera ça pour la justice ? Plus sérieusement, je ne fais pas partie des gens qui ont souffert atrocement dans leur jeunesse ou leur petite enfance. Un foyer classique, avec un père facteur et une mère vendeuse dans le commerce de détail… Je suis fils unique. Ce qui explique, peut-être, que j’ai plongé très jeune dans le monde de l’Imaginaire, tant à travers le cinéma que la littérature ou le jeu (de rôles, de plateau, vidéo, etc.).

À quel âge as-tu commencé à écrire ?

Très tôt. Je devais avoir 6 ou 7 ans. En fait, j’étais fasciné par la machine à écrire de mon grand-père, donc le clavier ressemblait à celui des premiers ordinateurs que l’on voyait à la télé ou dans les films. Donc, c’est surtout le geste de taper sur des touches de clavier qui m’a amené à l’écriture. Et déjà, je me suis dis : « Tiens, pourquoi ne pas écrire des choses plutôt que de recopier des bouts de textes existants ? ». Depuis cette époque, je ne me suis plus arrêté. Pour le meilleur et pour le pire !

Comment en es-tu venu à l’écriture ?

À travers la bande dessinée. En fait, j’ai appris à lire en lisant Tintin et le Télémoustique ! Pour savoir ce qui passait à la télé et ne manquer aucun de mes rendez-vous préférés. Et puis, ensuite, j’ai découvert les illustrés, comme Spirou ou Le journal de Mickey. Et je m’amusais à écrire des histoires, sous forme de scénario de BD. C’était assez basique.

Te souviens-tu encore de tes premiers textes ? Que sont-ils devenus ?

Vaguement oui. Par contre, je me souviens du premier texte que j’ai envoyé pour un concours. Je devais avoir 11 ou 12 ans. C’était pour la revue « Magie Rouge ». Le thème était « Une étrange rencontre ». Et j’avais imaginé un chauffeur routier, perdu dans le brouillard, quelque part dans les Ardennes, et qui voit surgir devant les roues de son camion d’une sortie de créature étrange et hybride. J’ai retrouvé le texte il y a peu dans les archives de mon grand-père. Il avait gardé une copie. Par la suite, j’ai écris des tas de choses, surtout pendant mes études, des chroniques, des textes de théâtre, des sketches, des adaptations… Mais je n’ai quasi rien gardé. Je ne suis pas un « archiviste » dans l’âme. Pour moi un texte écrit et offert au public, c’est… c’est parti quoi.

Comment écris-tu ? Des tics d’écriture, une ambiance nécessaire ? La musique semble indispensable dans ta vie, tu écris en musique ?

J’écris souvent en soirée, ou le week-end. Dans mon bureau. Avec de la musique de fond. Souvent de la musique de films. Mais il m’arrive aussi d’écrire dans un carnet, dans un train ou dans un café. Mais alors ce sont des bouts de textes qui seront ensuite réintégrés à des projets. Généralement lorsque je travaille sur une histoire, ou un roman, il faut que cela se construise, de façon continue, devant mon écran d’ordinateur. Je ne sais pas si c’est un tic, mais j’ai besoin de cet outil informatique pour avancer. D’ailleurs, je n’ai pu finir mon premier roman que sur une machine à écrire électrique. Puis sur un ordinateur. Je m’imagine mal en train de rédiger un roman entier à la main par exemple. Cela me dépasse !

Pourquoi l’écriture ?

Canaille, je répondrai bien « Pourquoi pas ? ». Mais plus sérieusement, je pense que c’est un moyen pour moi d’exprimer des idées, de partager des délires… Dans l’idéal, j’aurais voulu être scénariste de film. Pouvoir bosser avec des metteurs en scène de ma génération et offrir au public des blockbusters. Je suis fou hein ? Mais surtout je suis Belge. Alors, comme l’a écrit un ami, mon clavier, c’est un peu la caméra et les budgets que je n’aurais jamais pour partager mon imaginaire avec le public.


Star Wars (1997)
Lien externe du livre

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Premier livre et ce n’est pas un roman. C’est une étude sur un des plus gros succès cinématographiques.

Comment t’est venue cette idée ?

Pour beaucoup de gens de ma génération, amateur d’imaginaire, Star Wars, c’est fondateur comme film. C’est une clé, une porte d’entrée, dans un monde très vaste. Non seulement celui du cinéma, mais aussi celui des mythes, des héros, de la SF, du western, du mélange des genres… C’est vaste ! Alors comme je collaborais à l’époque avec Phénix, la revue, elle-même publiée par les Éditions Lefrancq et que la nouvelle trilogie se profilait, il était logique de sauter le pas vers un livre documentaire sur la saga.

Pourquoi Star Wars ? Pourquoi cette saga te fascine-t-elle ?

J’ai déjà répondu en partie. Cette saga fascine beaucoup de gens de ma génération. C’est tout de même une des rares mythologies cinématographiques qui perdure. La preuve encore avec le succès effarant de l’Épisode VII. Même sur les raisons de ce succès sont différentes de celles qui ont fait la réussite du premier film. Je suis fasciné par la richesse de l’univers, par l’apparente simplicité, par les effets, les personnages… Tout ça quoi !

Qu’as-tu voulu exprimer dans cette étude ?

Je ne sais pas si j’ai exprimé quelque chose. Je sais qu’à l’époque, de façon très modeste, je voulais donner mon avis sur les premiers films, réfléchir sur le phénomène et explorer les films et les ramifications de la saga dans le monde de l’Imaginaire. Ce qui est déjà pas si mal.

Que penses-tu du fait que Walt Disney s’est emparé de Star Wars et va continuer l’aventure avec une nouvelle trilogie ?

Ah ! Maintenant, je peux en dire du bien ! Je sais que parmi les fans de la première heure, Le réveil de la Force ne fait pas que des heureux. Certains pensent même que c’est l’antithèse du premier film, puisque ce n’est pas un succès « inattendu », mais bien le résultat d’une énorme réflexion corporatiste. Au-delà de toutes ces discussions que je peux comprendre, je me suis amusé comme un gosse en voyant le film… Et celles et ceux qui critiquent la « machination » de Disney oublient un peu vite que personne n’oblige les spectateurs, arme sur la tempe, à aller voir le film, ou acheter du papier toilette ! Le libre arbitre, ça existe encore… 


Virtual World (1997)
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virtualword

Dans la banlieue chic de Seattle, le corps d’une jeune fille est retrouvé, atrocement mutilé. Seul souci, le cadavre découvert dans la chambre à coucher d’une maison bourgeoise porte les marques d’une attaque de… requin.

Dans le même temps, le compte à rebours est lancé pour l’ouverture du premier parc d’attraction virtuel, Virtual World, que les clients pourront visiter depuis leur salon, harnachés dans une combinaison hi-tech…

Hommage à peine déguisé aux Dents de la mer de Steven Spielberg… et à Mondwest Quelle a été la genèse de ce livre ?

Tu as cité Jaws… Tu y ajoutes Jurassic Park et tu as les éléments déclencheurs de ma réflexion. Tout comme les études sur la réalité virtuelle qui faisait sensation à l’époque… Mais qui se sont dirigés vers d’autres horizons aujourd’hui. J’avais aussi lu pas mal de thriller technologique, ainsi que les romans technohorrifiques de Dean Koontz… C’est tout cela a déclenché l’explosion de mon imagination.

Ce roman est aussi, je crois à l’origine de ta collaboration avec Henri Vernes dont nous allons reparler tout à l’heure.

Oui, exact. Le roman a été publié chez Lefrancq, qui avait, à l’époque, reprit les aventures de Bob Morane, après son passage au Fleuve Noir, je pense. Et Henri Vernes a lu Virtual World et a beaucoup apprécié. Encore aujourd’hui, lorsque nous avons l’occasion de discuter, il revient souvent sur ce roman. Il râle de ne pas avoir eu l’idée avant moi !

Avec le recul, comment perçois-tu ce livre ?

Cela fait un temps que je ne l’ai pas relu. Mais je sais que la technologie, comme c’est souvent le cas dans les romans qui s’appuient sur les éléments technologiques d’une époque, est datée. Je pense que j’imaginais mon monde virtuel tournant sous Windows. Alors qu’il existe des langages spécifiques au développement de ce genre de programme. Mais j’avoue que je m’étais lancé dans ce roman avec l’innocence et la naïveté du jeune romancier. Sans trop me poser de questions, ni me noyer dans des recherches. De toute façon, je veux que mes écrits restent accessibles et soient un véritable divertissement pour les lecteurs. Donc, évidemment, si un jeune diplôme en intelligence artificielle lit ce roman, il va sans doute tomber de sa chaise.


 www.meurtres.com (1998)
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Le cadavre mutilé d’une jeune femme est retrouvé dans le Parc du Presidio à San Francisco. L’assassin sème derrière lui une série d’indices qui pointent vers un site internet… à partir duquel il lance un défi à l’enquêteur chargé de l’affaire. Sam Watson pourra-t-il relever le défi et découvrir la prochaine cible du tueur ludique ?

Tu as écrit ce roman à l’heure où internet c’était encore composer un numéro de téléphone afin de se connecter à un serveur distant pour pouvoir surfer à la vitesse d’un escargot dans de la colle à papier peint !

Avais-tu pensé à l’idée d’un site associé au livre ?

Oui. L’idée avait été évoquée par l’éditeur. Mais à l’époque, « monter » un site n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui. Il fallait des ressources que l’éditeur n’avait pas.

Je dirais que meurtres.com est un peu le précurseur de ce que tu écris aujourd’hui. Plus un thriller qu’autre chose…

Exact. Il y a bien un élément fantastique à la fin, mais lorsque je l’ai relu, je me suis rendu compte du côté « téléphoné » de la chose. C’était peut-être une erreur. Je pense… Enfin, non, j’ai envie d’écrire dans tous les genres. Mais nous vivons, et c’était déjà le cas à l’époque, dans un système où tout doit porter une étiquette. Si Marc Levy voulait écrire un roman de SF, ou un thriller noir, il serait dans la merde, parce que son éditeur lui dirait sans doute « Attention, ce n’est pas ce que tes lecteurs attendent ». Loin de moi l’idée de me comparer aux grands vendeurs de best-sellers, mais je vois bien que même à mon tout petit niveau, les gens qui lisent les aventures de Sam Chappelle me disent « Ah, c’est bien tu sors un nouveau bouquin… Mais le nouveau Chappelle c’est pour quand ? ». C’est étrange…

Les gadgets ont un peu vieilli, on dirait qu’on lit un vieux James Bond J

Mais j’aime beaucoup les vieux James Bond ! Et les vieux gadgets ! Si un jour j’ai assez d’argent, je me paierai une Lotus Esprit S1 avec l’option sous-marin, d’ailleurs ! 


Le Syndrome Chronos – 1999
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Tout commence par trois actions parallèles, une explosion d’avion non élucidée, un carnage épouvantable perpétré par un tueur fou et raciste, et l’ascension sournoise d’un politicien sans scrupule. Une première partie est menée de main de maître. Le fameux « Syndrome Chronos » du titre n’interviendra que plus tard. Il ne sera expliqué que bien plus loin, lorsque tout s’emballe. Apparaît un mystérieux Soleil Noir, le tueur possède une liste de victimes, le président des États-Unis est assassiné, l’action est plus que trépidante. Et, pendant ce temps-là, sous la terre sauvage du Nevada, se dévoile enfin le Syndrome Chronos qui amènera les héros-enquêteurs dans le Temps…

Ton roman le plus long et je dirais sans doute, avec le plus de rebondissements jusqu’ici dans ton œuvre. Pourrais-tu nous en dire plus sur ce roman ?

Que ce n’est pas moi qui l’ai écrit ! Naaaan, je déconne. Le Syndrome Chronos, c’est ma « réponse » au Temps Paralysé de Dean Koontz, qui reste un de mes romans, hors Stephen King, préféré. Je trouve d’ailleurs dommage que Koontz, en Europe, n’ai pas la même place que King dans le cœur des fans. Sans doute parce qu’il s’est un peu fourvoyé, durant quelques années, avec des romans très… religieux je dirais. Mais quand j’ai lu Le Temps Paralysé, j’ai eu envie de raconter une histoire liée aux voyages dans le temps… Mais j’avais envie que le lecteur ne sache pas, durant une grande partie du roman, si ce voyage temporel était une réalité ou un leurre, inventé par le grand méchant du roman. J’y ai ajouté des éléments d’enquêtes policières, des scènes horribles, beaucoup d’action… Et c’est vrai que c’est un cocktail rebondissant !

Pourquoi avoir délaissé les gros romans aux intrigues à rebondissements ?

Je ne pense pas les avoir abandonnés. Le fait est qu’après le Syndrome, je suis passé par un période de romans courts, pour Henri Vernes. Et que, depuis cette époque, je ne me suis plus relancé dans une histoire de cette envergure. Parce que les histoires que j’ai racontées « tenaient » dans des formats plus petits. Tout simplement.


L’étoile de l’est – 2011
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Proxénétisme sur fond de franc-maçonnerie, le tout se déroulant à Liège, ta ville natale. Avec un inspecteur, Sam Chappelle qui devient ton premier héros récurrent.

Peux-tu nous en dire un mot ?

En fait, Sam Chappelle est « né » une première fois lorsque mon ami Joris Vandendooren, le frère d’une amie, s’occupait du premier site internet du Télémoustique. Il cherchait un roman « à épisodes » pour placer sur le site. Et j’ai donc invité Sam Chappelle, cet enquêteur un peu « particulier » qui zonait dans le milieu des médias. C’était drôle, c’était « bulle de savon » et c’était très mal payé ! Ensuite, quelques années plus tard, lorsque mon ami Max Rensonnet, qui possède une librairie à Liège, a voulu développer son activité d’éditeur, il m’a demandé si j’avais une idée de roman, qui devait se passer en ville de Liège, avec un petit côté ésotérique et maçonnique. J’ai repensé à Sam Chappelle… Et voilà !

Pourquoi avoir choisi Liège ?

Parce que c’était une demande de l’éditeur d’une part. Et puis d’autre part, Liège, c’est ma ville. J’y ai grandi, j’y ai fait ma jeunesse. C’est une ville formidable, pleine de vie, de contraste, de fêtards et de branleurs… Liège, c’est une ville par comme les autres en définitive. Mais bon, sans doute qu’un Montois te dirait pareil de Mons !

Comment as-tu construit ton héros, Sam Chappelle avec 2 p ? Est-ce une simple émanation de toi ? Ou bien est-il ce que tu aurais voulu être ?

Chaque héros et chaque salaud que je décris est un peu moi. Mais c’est vrai que les enquêtes de Chappelle sont les seuls romans que j’écris à la première personne. Alors faut-il y voir une projection ? Une idéalisation ? Mes envies ? Mes délires ? Ma façon de voir la vie ? Un petit peu de tout cela. Mais au travers d’un miroir très déformant. Celui de la littérature et de la licence poétique.

La franc-maçonnerie fait partie de la vie de ton inspecteur. Et dans la tienne ? En quoi est-ce important ? Pourrais-tu, en quelques mots, expliquer ce qu’est la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie, c’est une société initiative, qui a vu le jour, officielle en 1717, en Angleterre. Elle prend des formes nombreuses et diverses. Mais elle se caractérise pour des valeurs (liberté, égalité, fraternité, tolérance, respect…) et un travail sur soi d’abord et sur le monde en général. C’est un parcours, très personnel, qui est difficile de décrire. Mais ce sont aussi  des méthodes, des outils de pensées, qui permettent d’appréhender le monde de façon différente. C’est surtout une culture du débat, de l’échange, de l’écoute de l’autre, qui a un peu disparu de notre société où il faut sans arrêt être « pour » ou « contre », sans trop de nuance. J’ai donc fait de Sam Chappelle un initié, d’une part à la demande de l’éditeur, une fois encore, mais aussi parce que je trouvais amusant de faire passer certains de mes ressentis au travers de ce personnage fictif.


L’équerre et la croix – 2012
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 L’équerre et la croix propose au lecteur de retrouver Sam Chappelle dans une seconde aventure. Après L’étoile de l’Est, il doit élucider le meurtre d’un prêtre, attaché nu à une table, avec une croix dans le postérieur (pour rester gentil) et ce qui ressemble à une morsure de vampire.

Comment le public a-t-il accueilli le personnage ?

S’il faut en croire les ventes de l’Etoile de l’Est, aujourd’hui épuisé, le personnage et ses aventures ont touché un public. Un public composé en partie de personnes initiées (il ne faut pas se voiler la face, c’est celui là que nous cherchions à atteindre aussi…) mais également de lecteur lambda. J’avais d’ailleurs veillé à ne pas faire du premier roman une histoire « pour ceux qui connaissent ». Il n’y a rien de plus chiant qu’un roman de marin, écrit par un marin, pour les marins, avec des blagues de marins. Pareil avec les frères ! Il faut savoir élargir sa palette. Et au final, je pense que Chappelle est aussi humain que frangin !

As-tu hésité un moment avant de proposer un policier franc-maçon au public ?

Non, pas trop. De toute façon au pire, on ne vendait rien. Et puis, je pense que l’Etoile de L’Est, comme l’Équerre et la croix sont des polars, avec un petit peu de maçonnerie dedans. Pas des romans initiatiques avec des morceaux de polar pour faire joli. D’ailleurs, je pense d’abord à une intrigue, à des personnages, à des situations, avant même d’imaginer les éléments maçonniques qui viendront s’y mêler. Je veux d’abord raconter une histoire, avant tout chose.

Est-ce que cela a soulevé de la curiosité de la part des lecteurs ?

Oui, chez certains. Chez d’autre pas du tout. Je le dis toujours, la franc-maçonnerie n’a rien de secret. Il suffit d’entrer dans une librairie et de demander « La Franc-maçonnerie pour les Nuls ». Le livre est très bien fait, par deux initiés d’ailleurs. Le reste, le mystère, les complots, les vastes réseaux… C’est surtout de l’ordre du fantasme.

Dans ce deuxième volume, la religion en prend pour son grade, ne serais-tu pas croyant ?

Je suis athée. Ce qui, et je le vis tout à fait bien, est presque aussi dogmatique que d’être croyant ! Puisque je refuse de croire qu’il y a « quelque chose ». Je pense qu’il y a les humains et que nous sommes surtout redevables devant nos semblables et devant nous-mêmes. Par contre, je respecte la croyance des uns et des autres. Je me cabre davantage lorsque la croyance devient un moyen de vouloir imposer des choses aux autres, voire de manipuler des foules. C’est l’aspect sectaire de toute croyance qui me dérange.

Quand on te connait un peu, on se rend compte que Sam te ressemble un peu, même sens de la répartie, même façon de s’exprimer, même humour décalé, même personnalité. Alors, l’auteur s’est-il mis en scène ?

J’ai déjà répondu à cette question un peu plus tôt. Oui, Sam est certainement mon alter ego. Ou plutôt mon « altéré-égo » puisqu’il est passé par le filtre de l’écriture. Même s’il dit beaucoup de chose que je dis dans la vie !

Si on te proposait d’acheter les droits cinématographiques de ces deux romans, qui verrais-tu dans le rôle de Sam Chappelle ?

Moi évidemment ! Non, sérieusement ? Très difficile. À un moment physiquement, je voyais Ray Stevenson. Il a interprété Titus Pullo dans la série Rome… Il a aussi un petit rôle dans l’univers Marvel. C’est un des compagnons de Thor. Mais il prend de l’âge, le pauvre… En tous les cas, je vois un grand brun, plutôt solide, mais avec une bonne dose d’autodérision… 


35mm (2013)
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Un cadavre retrouvé dans la chambre froide d’un restaurant. Un ancien agent du FBI, brisé par le passé. Des autorités locales aveuglées par le profit. Un tueur déterminé qui tuera plusieurs personnes en donnant des indices cinématographiques.

Ton dernier roman en date, un thriller nommé 35mm, vient de sortir aux éditions Cyngen. Peux-tu nous en parler ? Pourquoi avoir choisi cette maison ? Et pourquoi un thriller qui se passe aux États-Unis après avoir arpenté Liège ?

Lune Écarlate m’a choisi ! Je n’ai pas choisi Lune Écarlate ! J’ai simplement envoyé le manuscrit et il a plu. Le thriller se passe aux États-Unis parce que, mon univers référentiel pour le thriller, ce sont les États-Unis. Je sais que des tas d’auteurs francophones plantent très bien leur roman dans un décor français, voire belge (je pense à Frank Thilliez par exemple…) mais pour ma part, j’ai tellement été « formé » par l’univers cinématographique et littéraire anglo-saxon que placer mes personnages dans un univers francophone… je n’y arrive pas. Encore. Et puis cela fait un peu de variété dans l’écriture. Comme je le disais plus haut, j’aime explorer des univers différents au fil de la plume.

Tes personnages sont souvent dotés d’un humour caustique et même, parfois, de cynisme. Leurs vécus sont souvent riches et leurs personnalités développées et très différenciées. Comment abordes-tu la création d’un personnage ?

C’est gentil. Disons que j’aime bien d’utiliser des personnages classiques (le flic en décrochage, la jeune femme forte, le médecin légiste un peu cynique…) mais j’aime aussi manipuler le lecteur… Donc lorsqu’il attend un élément lié à tel ou tel « cliché », j’aime le prendre à contrepied. Pas systématiquement, mais j’aime ça. Dans 35mm, les deux personnages principaux sont clairement attirés l’un vers l’autre… mais je n’avais pas envie que le chemin soit évident et que l’on assiste simplement à l’éclosion de leurs sentiments. Les sentiments sont là, mais je les rends… complexes en posant quelques obstacles sur la route des protagonistes. C’est le plaisir de l’auteur. Être un peu… sadique, avec ses personnages ! C’est le complexe de Dieu !


La matrice des Ténèbres(2015)
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Fin 2015, tu as publié ton second thriller, La Matrice des Ténèbres. Tu peux nous en dire quelques mots ?

Il s’agit d’une seconde histoire qui se déroule dans le même univers que 35mm. On retrouve les deux mêmes enquêteurs, mais cette fois l’action se déroule principalement à Los Angeles. Éloïse Lark, le personnage féminin, est appelée dans le Cité des Anges pour retrouver la trace d’un assassin qui s’en prend à des femmes enceintes. Au fil de l’enquête, la situation se corse et Jack Sherwood, ancien du FBI devenu simple lieutenant de police dans une petite bourgade à quelques kilomètres de Philadelphie, va porter secours à son amie. C’est un roman plus sombre peut-être, que 35mm. Mais je me suis beaucoup amusé à entrer dans l’esprit d’un assassin particulièrement retors… Et surtout de jouer avec une narration où les deux personnages principaux se retrouvent assez tard dans le roman.

2015 a été pour toi également marquée par plusieurs sorties dans des anthologies. La forme de la nouvelle, c’est quelque chose que tu  apprécies ?

C’est vrai que je ne m’y étais plus frotté depuis un certain temps… Et là, pour le coup, plusieurs de mes textes ont été sélectionnés. En fait, j’ai rarement des idées de nouvelles qui me traversent l’esprit. Par contre, j’aime l’aspect « défi » que représente l’écriture d’un texte court selon des « guides » assez précis. Par exemple s’entendre dire qu’un appel à textes propose une nouvelle dans le monde du cirque, avec des poissons rouges et le mot « accordéon », c’est fabuleux ! Je sais que d’aucun dirait que c’est limitatif, que cela bride la créativité… Mais moi, je pense le contraire ! Ce genre de défi d’écriture, j’adore ! Et la forme courte de la nouvelle permet souvent de jongler avec des concepts, des mots, des situations… C’est un vrai plaisir. 

Comment t’est venue l’idée de créer les personnages de Jack Sherwood et Eloïse Lark ?

Heu… En fait, tu me demandes de t’expliquer comment mon cerveau fonctionne… Vaste question. Plus sérieusement, j’avais écrit une bonne partie de 35MM alors que je travaillais avec Henri Vernes sur les aventures de Bob Morane. C’était une sorte d’évasion pour moi. Enfin « évasion », je ne voudrais pas que l’on imagine qu’écrire des Bob Morane était une prison… Mais disons que c’est écrire dans un univers existant, avec des codes, des personnages, des limites, qui sont celles et ceux invités par un autre auteur. A l’origine du roman se trouve cette idée d’un assassin qui utilise des films à succès comme base de mise en scène pour ses crimes. Et de là, a découlé l’idée de lui opposer un premier enquêteur… Puis un second. Une femme. Afin d’introduire un peu de tension, façon X-Files entre les personnages. Et voilà ! Ca paraît simple hein ?

Comment abordes-tu l’écriture d’un roman? As-tu une recette spéciale ?

J’y pense beaucoup dans ma tête à moi, tout seul, dans mon coin, avant de m’y mettre en fait. Je ne prends pas beaucoup de notes, je ne griffonne pas sur les serviettes de table… Non. L’idée est là. Elle s’accroche. Et si elle s’accroche assez longtemps, je commence à y penser sérieusement, à avoir envie de la coucher sur papier. Le souci avec ce système, c’est que j’abandonne parfois des idées, parce qu’il me semble qu’elles ont déjà été traitées par ailleurs. Pourtant, je sais, c’est Stephen King qui l’a dit, donc c’est vrai, qu’il n’y a pas un milliard de trames différentes… Mais une infinité de façons de raconter les mêmes trames. Par contre, lorsque je me lance, j’ai un point d’honneur : je ne veux pas m’ennuyer en écrivant. Parce que je me dis que si je m’ennuie, le lecteur lui aussi va arrêter de prendre son pied. Et je sais que cela peut me jouer des tours, parce que dans le rôle de l’auteur, parfois pn s’ennuie bien plus vite que le lecteur… Puisqu’on a, généralement, les grandes lignes de l’histoire dans la tête… Et se surprendre soi-même au fil de l’écriture, franchement, je n’y crois pas trop. Les auteurs qui disent « Mais si, les personnages font ce qu’ils veulent », il faut qu’ils arrêtent de boire ou de prendre des Smarties. C’est tout de même moi qui commande, nom d’une pipe en bois !

Tes romans sont truffés de références cinématographiques. Une manœuvre consciente pour que le lecteur ait des points de repère ?

C’est à la fois conscient et inconscient, je pense. J’ai grandi pendant les années Spielberg/VHS. Entre les productions Amblin et les mauvaises copies italiennes distribuées en vidéoclub… Ma culture du récit, mes références narratives sont davantage celles du cinéma que celles des romans… Même si j’ai dévoré King, Koontz, Masterton, Moorcock, tout ce qui sortait chez « Terreur », une bonne partie du Fleuve Noir… Mais lorsque j’écris, je « vois » des séquences, des images, des scènes d’action ou de dialogue. Donc, forcément, lorsque je décris un personnage, par exemple, je vais évoquer cette image que j’ai devant les yeux. Et faire référence à un acteur… Ou un personnage de cinéma. Mais c’est « organique », cela sort de ma cervelle comme ça. Je ne repasse pas ensuite sur mes textes en me disant « Ah tiens, ici, je glisserai bien un clin d’œil à la Tour Infernale, ou un jeu de mot sur Retour vers le futur.

Combien de tomes vas-tu consacrer aux aventures de ces personnages ?

Aucune idée. Là je laisse un peu se reposer. Quelque part dans le fond de mon esprit, je sais que j’ai encore au moins deux histoires à raconter à leur propos. Peut-être que ces deux histoires n’en formeront qu’une seule lorsque j’aurai fini de les observer pendant assez longtemps ? Je sais juste que j’ai envie de les retrouver. Mais pas tout de suite.

Quelle place prend la documentation dans ton écriture ?

Trop peu. Parce que je suis paresseux. Même si je sais que des éléments sont disponibles facilement, au travers du web, je ne suis pas un enragé de recherche. Si je « cale » vraiment sur un élément très technique, ou un élément géographique, je me force à chercher. Un horaire d’avion, la taille d’un véhicule, les outils nécessaire pour telle ou telle intervention chirurgicale. Mais dans la plupart des cas, j’avoue, je fais « semblant que je sais ». Un peu comme les vendeurs d’électroménagers qui ont toujours une sœur, un ami, ou un parent qui vient juste d’acheter le lave-vaisselle que vous convoitez. Si on écrit avec assez de conviction… Hé hé hé… Un écrivain, c’est toujours un peu un menteur, non ?

Tu as l’art de mettre en scène des personnages horribles. Comment t’y prends-tu ?

Je ne sais pas, mais apparemment, ça touche le lecteur. Pas plus tard que la semaine dernière, j’en encore eu droit à « Mais tu es vraiment tordu hein ? ». J’ai envie de répondre « Oui, oui bien sûr » avec un sourire. Je pense que les lecteurs n’ont pas toujours conscience du plaisir que cela procure de jouer avec des personnages terribles. Le monde qui nous entoure, heureusement, est majoritairement constitué de gens équilibrés. Un écrivain peut se mettre dans la tête de n’importe qui. Alors, évidement, c’est plus drôle de se glisser dans la peau de quelqu’un qu’on ne sera jamais ! Écrire le personnage du héros, c’est sympa… mais cela peut vite devenir monotone. Par contre, le méchant que rien n’arrête… Le type qui n’a pas de compas moral, qui ose bousculer toutes les limites, sans complexe… Demandez à n’importe quel acteur, il sera plus enclin à interpréter un salaud fini qu’un chevalier blanc. Je pense aussi que c’est un moyen d’exorciser les choses que me font peur. Et puis écrire, c’est toucher les gens. Provoquer chez eux des réactions. Et pour provoquer une réaction, il faut créer des ruptures. Certains adorent les ruptures « positives », moi j’aime les ruptures « négatives », les trucs horribles, qui perturbent un peu le sommeil.

Doit-on frémir à l’idée de te rencontrer ?

Je pense que le plus grand risque en me rencontrant, c’est de mourir de rire. A l’inverse de ce que mes deux thrillers pourraient laisser paraître, je suis surtout un « amuseur ». J’aime regarder le monde à travers la lorgnette de l’humour (parfois très noir…) et me rencontrer, c’est découvrir cette facette de ma personnalité qui ne transparait peut-être pas toujours dans mon écriture (même si mes polars liégeois, les aventures de Sam Chappelle sont plus humoristiques… mais diffusés moins largement…). Donc, n’ayez pas peur… Personne ne s’est jamais plaint de m’avoir rencontré. Enfin si, aucune n’a survécu assez longtemps pour le raconter.

Peux-tu nous parler de ton prochain tome sans en dévoiler trop ?

Ma prochaine sortie est pour le milieu février. Cela s’appelle Le voleur de lunettes et c’est un court polar qui est destiné, avant tout, aux lecteurs adultes qui apprennent le français. C’est dans une collection qui s’appelle « La Traversée », aux Éditions Weyrich, et c’est un projet qui s’est étalé sur près de deux ans… Un véritable exercice de style. Ensuite, j’ai signé, mais je n’en ai pas encore parlé sur mon blog « SCOOOOP !!! » avec Emmanuel Gob et Multivers Éditions pour la ressortie digitale de Virtual World, mon premier roman, dans une version que je vais remanier en profondeur, surtout du point de vue de la technologie. Ensuite, je pense que je vais – enfin ! diront certains –, m’atteler à la rédaction d’une troisième enquête de Sam Chappelle, dont le titre de travail est La loge du prince. Je ne manque donc pas de projets pour les mois à venir.


Bob Morane

Pendant 10 ans, tu as écris des Bob Morane, c’est un peu, il me semble, un honneur pour toi, car sans les écrits de Henri Vernes, tes goûts auraient peut-être été différents. Pourrais-tu nous dire comment cela a commencé, comment s’est déroulée cette collaboration, qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Les Jardins de l’Ombre Jaune, c’est le premier livre « sans image » que j’ai dévoré étant gamin. J’ai soudain réalisé que les « livres » pouvaient être aussi amusants que les films. Qu’il pouvait y avoir autant d’action et de surprises dans un roman que sur l’écran… Magique ! Alors imagine… Quand Henri Vernes m’a appelé pour me dire que si je voulais, je pouvais écrire un chapitre et un résumé d’une future aventure de Bob Morane… Le pied ! La fierté ! Même si cela signifiait travailler dans l’ombre ! J’ai appris pas mal de chose… J’ai écris beaucoup… Mais j’ai aussi compris que mon imagination allait se retrouver un jour à l’étroit dans un univers vaste, mais très codifié. Ici, pas question d’avoir un complexe de Dieu ! Dieu, c’est Henri Vernes et les guides clairs qu’il a placés sur la carte des aventures de Bob Morane.

Y a-t-il un lien secret entre Bob Morane et Sam Chappelle (en dehors du fait que tu les écris) ? Ou bien les deux personnages n’ont rien en commun ?

Je pense que Morane et Chappelle en viendrait vite aux mains. Parce que Sam a un recul, un humour, par rapport à la réalité que Bob Morane ne possède pas vraiment. Morane est davantage « premier degré », même si ses aventures sont beaucoup plus fantastiques que celle de Chappelle. Par contre, au cœur de la jungle, c’est Bob qui gagne. Chappelle est un citadin pur jus et la grande aventure et les temples plein d’araignées, ce n’est trop son truc.

Suis-tu un fil conducteur précis lors de la rédaction d’une histoire ? Élabores-tu une trame au préalable ou laisses-tu les personnages te guider ?

Un fil, pas vraiment. Par contre, j’ai un début et une fin. Je sais où je vais. Comment je vais y aller, cela reste un mystère pendant presque toute la durée du roman. Ceci il m’arrive tout de même, au milieu d’un roman, de rassembler mes idées, au sein d’un plan, pour ne pas que les choses s’éparpillent de trop.

Tu fais de très nombreuses références littéraires et cinématographiques. Une façon d’attirer le lecteur vers des films ou livres qui t’ont plu ?

Peut-être. C’est surtout le reflet de mes références. De mon univers. De mes préférences. Je suis un enfant des années ‘80, du cinéma de Spielberg et Lucas. Je n’ai pas vraiment grandi en lisant la littérature d’aventure… J’ai plutôt puisé mes influences dans les « raids » que l’on effectuait le samedi après-midi, au vidéo club, pour voir ou revoir certains des « classiques » de cette époque. Si certains lecteurs découvrent mes références au fil de mes livres et ont envie de les voir, tant mieux ! Sinon, j’espère que cela ne les empêche pas d’apprécier l’histoire que je leur raconte.

Est-ce un choix personnel d’écrire des romans qui ne sont pas des « pavés », comme beaucoup d’auteurs le font actuellement ? Te sens-tu plus à l’aise avec des romans courts ?

Difficile ce répondre. En fait, j’aime maintenir l’attention du lecteur. Et je ne sais pas si je suis capable de maintenir cette tension, cette attention, dans un gros pavé. D’abord parce qu’en tant qu’auteur, l’écriture longue m’énerve. Je suis mon premier lecteur. Et si je suis en train d’écrire quelque chose qui me lasse, je me dis toujours que le lecteur lui aussi va avoir envie de tourner la page. Peut-être qu’au final, tout cela vient du fait que je ne suis pas le plus courageux des auteurs ! Mais bon, par choix, il est évident que je ne me lancerai sans doute jamais dans une saga à la Game of Thrones !

Si tu devais élire le meilleur de tes romans, lequel serait-ce ?

Si tu devais choisir le meilleur de tes enfants ? Hé hé hé…. Je sais que Le Syndrome Chronos plait à pas mal de lecteurs… Mais, allez, je vais faire une pirouette ? Le prochain !

Et si Christophe Corthouts devait dire quelque chose à Christophe Collins, ce serait quoi ?

« Mon gars, arrête de faire ton malin avec ton pseudo. Reprends ton vrai nom, écris un roman qui s’intitule “L’Homme qui ne voulait pas manger de lacquemants en octobre” et va chercher le Rossel 2017 ».

As-tu un rituel spécifique lorsque tu écris ? Une manie particulière ?

Celui de bien choisir la musique qui accompagnera l’écriture. C’est fondamental. Vraiment.

Pourquoi tant d’années entre le dernier roman « Corthouts » et le premier roman « Collins » ? Collins a dû grandir avant d’écrire ?

Non. C’est surtout que Corthouts était très occupé avec Bob Morane. Et comme je n’ai pas de « retourneur de temps », mon temps d’écriture était pris par les aventures du Commandant. Donc, je me consacrai très peu à l’écriture d’autre chose. J’avais tout de même les bases de 35mm et puis… Chappelle a un peu « libérer » mon écriture de la « routine » moranienne. Et une amie, qui a lu les premières pages de 35mm m’a sommé de le finir, sous peine de je ne sais plus quelle souffrance. Donc, je me suis exécuté. Voilà.

Pourquoi ce pseudo ?

Parce que je cherchais quelque chose de facile, de rapide, dont la recherche sur Google mènerait directement à moi. Et ça fonctionne. Maintenant, il y en encore deux écoles… Ceux qui comprennent que cela rime avec « Phil Collins » et d’autre qui pensent que ça rime avec « Amélie Poulain ». Mais bon, quand je serai passé chez Ruquier, tout cela n’aura plus d’importance.

Tes romans précédents faisaient la part belle au fantastique, au fil du temps, tu sembles avoir un peu délaissé ce genre pour laisser place à du thriller plus classique. Pourquoi ?

Parce que les idées qui j’avais et que des éditeurs étaient d’accord de publier étaient des idées davantage orientées « polar » et « thriller ». J’ai encore des idées fantastiques dans la tête et dans mes carnets… Donc, l’avenir est vaste et sans limite ! Le tout, c’est de trouver un éditeur.

Ton écriture a-t-elle évolué au fil des années ?

J’espère ! Mais je suis mal placé pour juger moi même de mon travail. Je sais que je suis plus exigeant avec ce que je couche sur papier. Je réécris beaucoup, dès le premier jet, je chasse les répétitions, je change les dialogues à de nombreuses reprises…  C’est quelque chose que j’aime avec le traitement de texte, cette relation organique avec l’histoire, les phrases, les mots.

Y a-t-il un genre littéraire que tu n’as pas abordé mais que tu aimerais tenter ?

Oui. La comédie romantique. Vraiment. Mais ça viendra ! 


5 livres indispensables

1) Le Fléau, de Stephen Kinglefleaudvd

Même si le roman n’est pas parfait (mais aucun ne l’est…) c’est pour moi une œuvre phare de l’Imaginaire. Une telle maîtrise de la narration, des personnages, des ambiances, sur un tel canevas ? Ca laisse rêveur…

2) Les Jardins de l’Ombre Jaune, d’Henri Vernes0063722_1

Mon premier « Bob ». Cela ne s’oublie pas. Vernes est un excellent raconteur d’histoires. Avec un style net, clair et précis.

3) Le Bagne des Ténèbres, de Laurent Genefortle-bagne-des-tenebres-137255-250-400

Genefort… L’auteur français qui m’a fait comprendre que l’Imaginaire francophone avait encore de l’avenir, après les romans « politiques » et chiants des années 70. Je suis « entré » dans l’Imaginaire francophone moderne au travers des romans de Genefort paru au Fleuve Noir.

4) Les Aventures de Sherlock Holmes, de A. C. Doyleles-aventures-de-sherlock-holmes-d-arthur-conan-doyle

Une relecture toujours délicieuse. Une nouvelle de temps en temps. Ce sont les bases du polar/roman à énigme moderne que l’on retrouve que chez Doyle. Même si le style a pris quelques rides…

5) Le Démon des Morts, de Graham Masterton1009-demon-morts

J’aurais pu citer plein d’autre Masterton. Un auteur de talent. Et un homme charmant que j’ai eu l’occasion de rencontrer, longuement, à deux reprises. Sa série de roman policier, Katie McGuire, qui fait un carton en Angleterre, mériterait de trouver sa place en France. Il y mêle avec bonheur le roman policier d’enquête classique avec des éléments horrifiques et un sens de l’humour macabre absolument délicieux.

5 films indispensables

1) Les Aventuriers de l’Arche Perdue (Visionner le trailer)

Je pense que je l’ai vu plus de cinquante fois. Toujours avec le même plaisir. Il y a une mécanique de précision derrière ce film où aucun plan n’est en trop, aucun dialogue superflu, aucune scène inutile. Du grand art.

2) Les Dents de la Mer(Visionner le trailer)

Encore Spielberg. Je vénère cet homme. Il a forgé mon imaginaire, mais aussi ma sensibilité d’auteur. La façon qu’il a de raconté les histoires à « hauteur d’homme », c’est juste magique.

3) L’Empire Contre Attaque(Visionner le trailer)

Lawrence Kasdan a écrit Les Aventuriers de l’Arche Perdue, ce qui lui a permis ensuite de s’atteler à l’Empire Contre Attaque. Le Star Wars qui met tout le monde d’accord. Les éléments de l’histoire, les surprises, sont le fait de Lucas, mais l’écriture et surtout les dialogues (sans doute les meilleurs de toute la saga…) sont de Kasdan.

4) S.O.S. Fantômes(Visionner le trailer)

Le cocktail parfait entre l’humour et le fantastique horrifique. Le film fonctionne parce que la menace est réelle. Parce que les acteurs ne jouent pas au second degré. Ils sont des chasseurs de fantômes. Et New York est vraiment en danger. Le témoignage également d’une époque où les versions françaises avaient de la tenue et du punch.

 5) Retour Vers le Futur(Visionner le trailer)

Là encore, le miracle d’un scénario d’une clarté narrative sans tache et d’un casting parfaitement choisi. Lire les péripéties qui se cachent derrière ce petit bijou, c’est aussi comprendre tout le travail que dissimulent des œuvres qui paraissent « évidentes ».

5 CDs indispensables

1) Sergent Pepper Lonely Heart Club Band, The Beatles(écouter l’album)

Toute la musique des 40 ans qui ont suivi St Pepper est inscrite dans cet album. De la production aux genres musicaux, en passant par les gimmick comme le sampling ou les guitares saturées, tout ce trouve sur cette galette !

2) Led Zeppelin IV(écouter l’album)

Il suffit de savoir que c’est sur cet album que de trouve Stairway to Heaven, l’une des plus belles chansons écrites par un groupe de rock’n’roll.

3) Superman, de John Williams(écouter le titre)

J’aurais pu choisir le travail de Williams pour Star Wars, mais je trouve que pour Superman, l’importance de la musique est encore plus fondamentale. Le thème de Superman est suffisant pour vous convaincre que ce type sait voler !

4) Tron, de Daft Punk(écouter l’album)

Je ne suis pas un grand amateur de musique électronique, mais là, je dois dire que les Daft Punk ont fait fort, en mélangeant leur sensibilité de bidouilleurs avec des envolées « classiques » de belles tenues ! La bande son de plusieurs de mes soirées d’écriture.

5) Van Helsing, de Alan Silvestri(écouter l’album)

Là aussi j’aurais pu choisir Retour vers le Futur qui est sans doute le thème le plus connu de Silvestri, mais avec Van Helsing, il s’amuse comme un fou dans une sorte de délire steampunk qui colle parfaitement aux images d’un film souvent décrié… Mais qui reste un plaisir coupable plutôt amusant à se repasser.

Et n’importe quoi par Danny Elfman, parce que ce type est une source d’inspiration sans fin pour l’écriture imaginaire !

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Galerie Photo

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Vidéos

Présentation :

Entretien Christophe Collins- Première partie

 

Livre Star Wars :

entretien christophe collins 002

 

Livre Virtual World :

entretien christophe collins 003

 

Livre www.meurtres.com :

entretien christophe collins 004

 

Intermède :

Entretien-Christophe-Collins-question-du-sbire

 

Livre Le syndrome Chronos et L’orgue de Leonardo :

Entretien Christophe Collins 005

 

Epoque Bob Morane :

Entretien Christophe Collins 006

 

Livre L’étoile de l’Est et L’équerre et la croix :

Entretien Christophe Collins 007

 

Livre 35mm, La matrice des ténèbres et Le voleur de lunettes :

Entretien Christophe Collins 008

 

Partage de fin :

Entretien Christophe Collins fin

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Audios

 

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